Qui se souvient de…. ? Morphine

Une basse slide 2 cordes jouée au bottleneck, un saxophone baryton et une batterie, aujourd’hui je vous parle de l’une des formations les plus atypiques qui soient : Morphine. Certains penseront que je vous fais un affront en vous demandant si vous vous en souvenez. Morphine reste cependant à mes yeux un groupe qui n’est pas suffisamment évoqué, aussi bien en tant qu’influence qu’en tant que simple référence.

Fondé par le regretté Mark Sandman, ancien membre de Treat Her Right et le saxophoniste Dana Colley, Morphine a eu l’ambition de se faire un nom dans la grande famille du rock alternatif américain sans aucune utilisation de guitare. Un savant mélange de blues, de jazz et d’arrangements propres au rock indé de leur époque a construit leur identité durant sept ans de carrière sans faute. Impossible de rester insensible à ces sonorités insolites, où des compositions langoureuses ou énergiques se mêlent à la voix grave et sensible de Sandman.

Des mélodies hypnotiques pouvant aussi bien nous projeter dans les coulisses d’un club de jazz underground que dans une chambre aux lumières tamisées en charmante compagnie.

Leur album Cure for Pain sorti en 1993, successeur de leur premier effort intitulé Good sorti l’année précédente, est considéré comme l’un de leurs meilleurs, si ce n’est le plus représentatif du trio. C’est d’ailleurs grâce à lui que Morphine se fera connaître en Europe et battra des records de vente pour un label indépendant avec 300 000 exemplaires vendus. Suivront Yes en 1995 et Like Swimming en 1997 qui compléteront et achèveront une discographie constamment fidèle à une technique et un style hors-norme. The Night sortira en 2000, un an après la mort de Sandman, victime d’une crise cardiaque sur une scène italienne.

Morphine aura finalement exercé durant la quasi totalité des années 90, tout en restant à contre-courant des registres phares de cette décennie et en gardant une popularité intacte jusqu’à la fin, ce qui relève de l’exploit.

Remède à la douleur certes, mais également à la monotonie.

Sandra Cillo-Boyer 

 

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