Amen Dunes : Freedom

Le talentueux Damon McMahon et son projet Amen Dunes présente un nouvel opus, sobrement intitulé Freedom et qui est arrivé le 30 mars sur le label Sacred Bones.

A peine sorti un premier clip du titre « Miki Dora » débarquent les 11 titres de cet album post rock qui nous rappelle à quel point l’artiste est un personnage particulier dans le paysage musical. Les arrangements vraiment subtils accompagnent la voix si singulière de McMahon pour cet album, bien sûr, dark et tourmenté.

Depuis Love, son quatrième album paru il y a 4ans déjà, et bien qu’ayant « loupé » les trois premiers, je tiens Amen Dunes en haute estime. Seul à bord de ce faux-groupe à géométrie variable dont il est la plume, la voix, l’âme et le principal interprète, Damon McMahon croise rigueur rythmique et mélodie ; folk atmosphérique et krautrock (il a d’ailleurs choisi son pseudo en référence à Amon Düül).

Amen Dunes consacre donc un titre à Miki Dora célèbre et détestable surfeur californien des sixties (et mort en France vers Biarritz) ; McMahon, voit chez le surfeur « une contradiction vivante ; symbole à la fois de la vie libre, et des faux héros que la culture américaine a toujours célébrés ».

Ce 5ème album est pour moi déjà un grand moment folk indie de 2018. Sur le plan musical, Freedom s’inscrit dans la lignée des précédents albums et profite une nouvelle fois de la batterie de Parker Kindred (Antony & The Johnsons, Jeff Buckley) qui fait des merveilles, de Jordi Wheeler et Delicate Steve pour les parties de guitares.

Ce cinquième album Freedom, le bien-nommé, tant le New-Yorkais croise ses influences et transgresse les genres. Chez cet artiste, c’est la somme du tout cela et son appropriation qui permet à l’œuvre de se révéler si forte.

Surtout, Damon dévoile ses doutes, ses fêlures intimes, faisant de son adolescence sa source d’inspiration. Il est ici question de dépendance aux drogues, de la quête de personnalité, d’enfermement, de disparition, et de sentiments contrariés, qu’il est déjà bien tard pour exprimer… Il interprète d’ailleurs chaque chanson avec une ferveur incroyable, les tremolos en fin de phrases et les envolées faisant oublier le timbre nasillard et son étendue vocale pourtant limitée. Ses chansons viennent de loin, des profondeurs de l’âme. D’ailleurs, Chris Coady (de Beach House) a du s’atteler au dur labeur de l’enregistrement et de la production pendant trois ans entre Los Angeles et New-York.

Au fil des écoutes, Freedom se dévoile pleinement et il faut bien admettre que Damon McMahon réalise là, un album qui pourrait être l’une de ces œuvres que je chéris plus que de raison. Mais c’est ainsi…

https://www.youtube.com/watch?v=RONXqXaF8oI

Gil Tau

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