Festi’Vence 2026 : Dieu n’a pas trouvé mieux.

Dieu n’a pas trouvé mieux.

Si Bizet a habillé sa Carmen d’une robe rouge, c’est qu’elle incarnait l’amour, la passion, celle qui dévore.

Sans doute est-ce pour cela que le dress code de Syrinx, pour Festi’Vence, est le rouge. Et cela n’est pas fait pour me déplaire.

Dieu n’a pas trouvé mieux.

Dimanche matin s’est ouvert sur des airs de folk celtique. La chanteuse était en rouge. Forcément. L’après-midi a rapidement laissé place à Bizet, Verdi et Offenbach. La soprano était en rouge. Forcément.

Je confirme : Dieu n’a pas trouvé mieux que ces musiques si différentes, qui donnent toutes envie de rester à l’ombre des vieilles pierres de Vence. Une ombrelle élégante à la main, une fontaine alimentée par la source de la Foux pour se rafraîchir.

Dieu n’a pas trouvé mieux que les courbes d’un violoncelle, dont la voix est sans doute la plus proche de celle des humains. Que les doigts qui glissent sur les cordes ou qui s’envolent sur un piano à queue au détour d’un prélude de Chopin. Dieu n’a pas trouvé mieux que quelques pinces crocodiles laissant apparaître une nuque. Qu’un souffle d’air faisant danser les chevelures et les robes rouges.

Dieu n’a pas trouvé mieux qu’un concert pour dessiner la forme d’un sourire.

Dieu n’a pas trouvé mieux que ces premiers soirs d’été qui sentent les vacances et l’insouciance.

Dieu n’a pas trouvé mieux que le chant des oiseaux répondant au premier concert du matin, place Godeau. Que les rires des enfants du conservatoire. Que les regards remplis de fierté des parents qui les applaudissent.

Dieu n’a pas trouvé mieux que cette irrésistible envie de danser la Carioca… même quand on ne sait pas vraiment la danser.

Dieu n’a pas trouvé mieux que trois générations partageant une même soirée : ma mère, mon fils… et moi.

Dieu n’a pas trouvé mieux que les vitraux de la chapelle Matisse comme décor pour des chœurs féminins revisitant La Fontaine.

Dieu n’a pas trouvé mieux que les vibrations mystérieuses d’une immense harpe. Que le bonheur mélancolique de Satie. Que l’humour désespéré des chansons d’Aurore. Que cet accent polonais faisant revivre Louis de Funès jusque dans un lieu sacré.

Dieu n’a pas trouvé mieux que les pétales de Rose de la mariée s’envolant au-dessus des pavés historiques de Vence.

Dieu n’a pas trouvé mieux que des enfants inventant une nouvelle discipline de gymnastique rythmique sur un air de rockabilly.

Dieu n’a pas trouvé mieux que L’Hymne à l’amour.

Et comme Dieu n’a pas trouvé mieux, il a peut-être voulu rappeler qu’il était chez lui en faisant sonner les cloches au milieu d’un ballet symphonique. À moins que sa seule carte à jouer ne soit finalement… l’absence de guitare électrique.

Dieu n’a pas trouvé mieux que quelques robes rouges pour donner une couleur à un week-end entier. On dit que le rouge est la couleur du diable. C’est peut-être simplement parce que Dieu n’a pas trouvé mieux. De là à dire que Jacques Vallée et toute son équipe rivalisent avec le Créateur… certains franchiront le pas. Et si Dieu a finalement ouvert les portes de la cathédrale de Vence pour un duo violoncelle-piano, c’est peut-être parce que, ce soir-là, les anges avaient eux aussi envie d’écouter.

Non… Dieu n’a pas trouvé mieux.

Et c’est peut-être justement la preuve qu’il exist

Continuer la lecture

Un 21 Juin à Picaud

Hier, dans les brumes du réveil, je reçois un SMS de ma fille qui me dit : « bonne fête, je te la souhaiterai ce soir car là je suis dans un camping à Fréjus ».

Encore pris dans mes pensées d’Écosse (et de robe rouge), où je m’étais réfugié la veille pour échapper à la chaleur, je ne comprends pas grand-chose.

De quelle fête parle-t-elle ? Et que fait-elle dans un camping à Fréjus ?

Ne comprenant pas bien, café après café je reprends le cours de ma journée. Dans l’après-midi, malgré un soleil étouffant, je croise beaucoup de monde, de la musique un peu partout.

Narcissiquement, je me dis que tous ces gens sont invités à cette fête dont m’a parlé ma fille…

Puis je me rappelle soudain qu’un homme qui refusait de faire la queue au cinéma a eu, il y a 45 ans, la bonne idée d’inventer la Fête de la Musique.

Bon, soyons honnête : pour moi, cela ne veut pas dire grand-chose. La musique, c’est tous les jours, voire toutes les secondes, comme si mon cerveau était un juke-box permanent.

Écouter de la musique live uniquement le 21 juin, c’est comme fêter son amoureuse uniquement à la Saint-Valentin, ou manger des crêpes uniquement à la Chandeleur. C’est manquer d’initiative. Comme si ces fêtes, ainsi que les syndicats d’initiative, avaient été inventés pour ceux qui n’en ont pas.

Une fois intégré un peu tristement que ces gens-là n’étaient pas venus pour moi, je me souviens que nous avions, avec L’oreille qui gratte, organisé une Fête de la Musique dans la plus belle salle du département : C’Picaud . Salle climatisée. Ce qui, ce soir-là, relevait du luxe absolu.

Nous ouvrions avec MALT LIQUOR. D’entrée, la barre était haute. On naviguait de Radiohead à Pink Floyd, avec un son surpuissant. Même une petite fille de 3 ans s’est prise au jeu et est venue danser sur scène.

Kaoueen, en version duo, enchaînait avec un post-rock habité, où Pink Floyd revenait encore. Impossible de bouger de son siège : on est hypnotisé.

Puis arrive Liz Phair, pardon Silly Ideal, deux musiciens qui font du bruit comme dix. Une énergie plus efficace que dix séances de psy.

Ensuite, LaTeX Cabaret burlesque, gros son punk. Je me demande ce que la petite fille de 3 ans a pu penser de ces adultes qui disent des gros mots et crient plus fort que ses camarades de maternelle.

Puis BB Blues, groupe né en 1988, probablement le plus ancien du département. Quand la guitare démarre, on croit entendre un moteur de Porsche parfaitement rodé.

Janis et les Sylbar, comme si Phil Spector avait ajouté un mur de son à Nancy Sinatra. On imagine que Jacqueline Taïeb et Jacques Dutronc se sont réunis pour écrire les textes et que Catherine Ringer a chorégraphié le tout.

On termine avec See You : le punk, c’est une énergie qui grimpe aux murs, c’est tous les Mentos d’un coup dans le Coca.

Il est 1h30 du matin. Nous venons de prendre huit heures non-stop de musique.

Sur le chemin du retour, alors que mon autoradio propose une after avec Alors on danse de Stromae, je repense au SMS de ma fille et je me demande de quelle fête elle parle. Elle connaît mon amour de la musique, mais de là à me fusionner avec elle, il y a un pas qu’elle ne franchira pas…

Ma playlist enchaîne avec Papaoutai. J’ai répondre à Spotify : « un concert comme d’habitude ». Et je réalise enfin qu’elle parlait de la Fête des Pères.

Beau symbole pour moi : elle a eu lieu un jour de Fête de la Musique.

L’homme qui refusait de faire la queue au cinéma avait décidément eu une bien belle idée.

Continuer la lecture

#  895 : 15e Anniversaire de la Zonmé

L’Oreille Qui Gratte #  895

Enregistrement le Mardi 09 mai 2026

Diffusion sur Agora Côte d’Azur  le 20 Juin 2026

 Invité : Pascal et Jean Philippe pour le 15e anniversaire de La Zonmé (Nice)

Réalisation : Eliott Mozin

Nathan Roche : Take Me Back

Le Cycle du temps élastique : Told you

Stella Peel : Song for Jon

k.21 Kroma : Always

VANR : Aquamarine Yarn

Joly : Proper Psyched

Catalogue : Anger

Contact :

https://www.lazonme.fr/

https://www.instagram.com/la_zonme/

Les Videos :

L’Audio : https://youtu.be/LWa6jgVS0Q4

La Vidéo : https://youtu.be/dsxiyR1EEcU

Continuer la lecture

Benjamin Biolay : Le Mas des Escaravatiers

Hier soir, j’ai vu Benjamin Biolay.

Et il m’a demandé comment allait ma peine.

Sur le coup, j’ai été surpris. Comment le savait-il ? Qui lui avait raconté ? Et puis, en y réfléchissant, cela m’a paru parfaitement naturel. Depuis qu’il nous a invités, en 2000, à nous asseoir sur un banc, à regarder passer les saisons et à faire voler des cerfs-volants, nous n’avons plus vraiment de secrets l’un pour l’autre.

On se retrouve tous les deux ou trois ans. D’abord autour d’un nouvel album, sorte de carnet intime ou de carnet de voyage mis en musique. Puis autour d’un concert.

L’endroit que nous préférons pour ces retrouvailles, c’est le Mas des Escaravatiers, à Puget-sur-Argens. Ce festival ne ressemble à aucun autre. On y a l’impression d’être chez des amis. Comme si, après un barbecue arrosé d’un verre de rosé, quelqu’un lançait : « Et si on faisait un concert ? » Alors les guitares sortent de leurs étuis et la musique envahit les vignes.

Hier soir, Benjamin avait choisi la formule rock. Exit la bossa-nova des dernières tournées. Place aux guitares électriques et à une succession de chansons que l’on connaît presque par cœur. Hit après hit, il a déroulé un répertoire impressionnant.

Autour de lui, on remarquait surtout deux multi-instrumentistes remarquables, passant du violon au saxophone, du clavier aux chœurs. Elles apportaient également la réplique sur Brandt Rhapsodie, reprenant avec talent le rôle jadis tenu par Jeanne Cherhal.

Biolay était en grande forme. Il a quelque peu délaissé son dernier album, Le Disque bleu, pour revenir à ses classiques : Ton Héritage, À l’origine, Padam, Écran total, Comme une voiture volée et bien d’autres.

Avant lui, la douce Marie Colombera avait ouvert la soirée avec une élégance toute en délicatesse. Une forme de bossa nova teintée de chanson française qui évoquait parfois une Françoise Hardy partie rêver du côté de Rio.

Ah oui… J’ai répondu à Benjamin qu’il faudrait apprendre à vivre avec ça.

Mais nous aurons l’occasion d’en reparler les 29 et 30 novembre prochains, lorsque nous nous reverrons à Antibes pour ses concerts à Anthéa.

D’ici là, je vais retrouver beaucoup d’autres amis au Mas des Escaravatiers : Meute, Feu! Chatterton, Ibrahim Maalouf, The Avener, Gaëtan Roussel, Julien Clerc, Suzane…

L’été ne fait que commencer.

Simon Pégurier

Continuer la lecture

#  894 Robin Pard

L’Oreille Qui Gratte #  894

Enregistrement le Lundi 04 mai 2026 (de 18h à 21h)

Diffusion sur Agora Côte d’Azur  le 06 Juin 2026

 Invité : Robin Pard

Réalisation : Eliott Mozin

Robin Pard : Unconditial love

Robin Pard : The Sweetest thing I know

Robin Pard : Mary or Bury her

Neil Young : On The Beach

Robin Pard : Saint James

Robin Pard : The Blower’s daughter Cover Damien Rice

Robin Pard : Slik & Steel

Les Videos :

Unconditial love : https://youtu.be/KZEHR0qdzQY

The Sweetest thing I know https://youtu.be/gsQIhapoTZ8

Mary or Bury her https://youtu.be/grKXIhd83j8

Saint James : https://youtu.be/aVQHdzheM4A

The Blower’s daughter – Cover Damien Rice https://youtu.be/5r63h-Pr2UI

Slik & Steel : https://youtu.be/jon2iViUNpk

A la zonmé : https://youtu.be/LqhpHpRGKPc

La Session : https://youtu.be/cNgc08MFg6Y

L’Interveiw : https://youtu.be/NHiErcQuoeI

Sur Une Ile deserte : https://youtu.be/89iU1Ym96qs

L’intégralité video de l’émission : https://youtu.be/oEDDJ7TR33Y

L’Intégralité audio de l’émission : https://youtu.be/W7rgULnaKuE

Continuer la lecture

Festival Improbable 2026 – Une semaine à La Gaude

Il existe des festivals qui alignent les têtes d’affiche. D’autres qui empilent les genres. Et puis il y a le Festival Improbable de La Gaude, qui porte parfaitement son nom.

Pendant une semaine, j’y ai croisé Neil Young, Quentin Tarantino, Uma Thurman, CharlElie Couture, une chorale locale, des punks niçois, de jeunes rockeurs chevelus et même le Paris Saint-Germain. Le tout sans jamais quitter la place du village.

Dès la première soirée, Préparation H me ramène aux années étudiantes, lorsque le ska-punk et l’humour semblaient pouvoir sauver le monde. Puis vient Dez In Volt, qui me réconcilie avec le répertoire de Noir Désir. Séparer l’œuvre de l’artiste n’est pas toujours simple, mais grâce à eux il est encore possible de redécouvrir ces chansons sans arrière-pensée. La soirée se termine avec Champollion, dont l’univers devient de plus en plus électro et personnel.

Le lendemain, Seuil d’Alerte ouvre les hostilités avec une belle décharge d’énergie. Puis arrive le Clément Althaus Trio. Dans Phantom of the Paradise, le héros vend son âme au diable contre le génie artistique. À voir Clément Althaus et Christelle Bernard, on se demande parfois si le marché n’a pas réellement existé. Leurs chansons ressemblent à de petites comédies musicales. En clôture, Fraggl’Rock revisite avec gourmandise plusieurs classiques du rock alternatif.

Troisième jour. En arrivant sur le site, Pop Corn interprète Another Day in Paradise de Phil Collins. Encore un jour au paradis.

Puis surgit Danger Bird, formidable hommage à Neil Young. Son mythique corbillard Mortimer Hearseburg semble avoir traversé l’Atlantique pour déposer à La Gaude un peu de l’Arizona et des grands espaces américains. Juste après, Homme transforme son concert en véritable course de vitesse. Une heure de rock sans frein ni temps mort.

Arrive ensuite la soirée jeunesse.

Mycélium ouvre le bal avec un grunge puissant qui rappelle parfois Nirvana. Puis Last Rainbow confirme tout le bien que je pense d’eux depuis leur découverte ici même en 2024. Leur progression est spectaculaire. France 3 ne s’y est d’ailleurs pas trompée en choisissant leur concert pour un direct. Je continue à penser qu’un jour les stades les attendent.

Le même soir, le vent soufflait jusqu’à l’Allianz Riviera, permettant à l’OGC Nice d’assurer son maintien en Ligue 1. Une raison supplémentaire de se souvenir de cette soirée.

Le lendemain, changement total d’ambiance.

The Man Esterel nous emmène au coin du feu avec Crosby, Stills & Nash, The Beatles, The Kinks, The Rolling Stones et bien sûr Neil Young. Puis arrivent Malt, des tatoués vêtus de noir dont la musique se révèle bien plus subtile qu’elle n’en a l’air. Derrière la puissance se cache beaucoup de finesse. Les filles en noir sont roses à l’intérieur.

Sous une magnifique pleine lune, Sympathy assure ensuite la bande-son idéale avant que Supersonic ne rende hommage à Oasis. Même si j’ai toujours pensé qu’Oasis était déjà un groupe hommage aux Beatles. La soirée s’achève avec Monsieur Chétif, quelque part entre Saez et Muse.

Enfin vient la clôture.

J’avais regretté l’absence de Call Me Winston – The Tarantino Tribute. Puis The N.C. Commitments by Shakin’ Mamas sont montées sur scène et ma déception s’est envolée.

Leurs harmonies sixties m’ont immédiatement replongé dans l’univers de Quentin Tarantino. Dans mon salon, une affiche d’Uma Thurman dans Pulp Fiction me rappelle chaque jour combien j’aime ce cinéma. À force de la regarder, elle est devenue un idéal féminin l’incarnation d’une beauté indomptable, dangereuse et magnétique.

Le festival étant né il y a dix ans pour offrir une scène à une chorale locale, il était logique que celle-ci soit encore au cœur de cette édition anniversaire. Son hommage à Michèle, fondatrice du festival, fut l’un des moments les plus émouvants de la semaine.

Et puis il y eut CharlElie Couture.

J’ai usé jusqu’au dernier sillon son album Poèmes Rock. Avec Comme un avion sans ailes, il nous rappelle qu’il est toujours possible de poursuivre ses rêves et de continuer à jouer sans les atouts.

Son univers demande du temps. Il faut accepter d’y entrer. Mais une fois la porte franchie, difficile d’en ressortir.

Ses derniers mots avant de quitter la scène furent aussi les derniers mots du festival :

« Et dans un an, déconnez pas les gars quand même ! »

Je crois que cette phrase résume parfaitement l’esprit du Festival Improbable.

Car au fond, ce festival défend bien plus qu’une programmation musicale. Il défend une certaine idée du monde : un monde rare, varié, curieux, accueillant, métissé, intelligent et attachant.

Un monde qui ressemble à ce festival.

À l’année prochaine.

Simon Pégurier

Vous trouverez ici quelques extraits vidéo

Vous pourrez également  retrouver, sur la page Face Book de l’oreille qui gratte soirée après soirée, l’intégralité de mes chroniques quotidiennes du Festival Improbable.

Préparation H https://youtu.be/MthN2qP1AKk

Dez In Volt https://youtu.be/dQBB5dPCyD4

Champollion https://youtu.be/jXMHtiFGrG4

Seuil d’Alerte https://youtu.be/fG1_JitPxvM

Bateleurs Clément Althaus Trio : https://youtu.be/aUGdj65WNfk

Fraggl’Rock https://youtu.be/GnppMtmsf8I

Pop Corn : https://youtu.be/xyiVe95akVM

Danger Bird : https://youtu.be/TV8AXp-fiiI

Homme : https://youtu.be/XITR9E7-u9E

Mycélium https://youtu.be/9qJ2q_VIHV4

Last Rainbow https://youtu.be/JYpp5FkvXW4

The Man Esterel https://youtu.be/ZrZ28hb8GMo

Malt https://youtu.be/DU-fVgDODiw

Sympathy : https://youtu.be/017e9V2vx38

Supersonic https://youtu.be/VEcwlJCi218

Monsieur Chetif https://youtu.be/60oZLO1q_Jo

The N.C. Commitments by Shakin’Mamas https://youtu.be/v2TSUCpPmSc

Les Chorales : https://youtu.be/WgXzG_Qkwsk

CharlElie Couture https://youtu.be/Ib0hsZLYv3M

Continuer la lecture
Fermer le menu