Hier, dans les brumes du réveil, je reçois un SMS de ma fille qui me dit : « bonne fête, je te la souhaiterai ce soir car là je suis dans un camping à Fréjus ».
Encore pris dans mes pensées d’Écosse (et de robe rouge), où je m’étais réfugié la veille pour échapper à la chaleur, je ne comprends pas grand-chose.
De quelle fête parle-t-elle ? Et que fait-elle dans un camping à Fréjus ?
Ne comprenant pas bien, café après café je reprends le cours de ma journée. Dans l’après-midi, malgré un soleil étouffant, je croise beaucoup de monde, de la musique un peu partout.
Narcissiquement, je me dis que tous ces gens sont invités à cette fête dont m’a parlé ma fille…
Puis je me rappelle soudain qu’un homme qui refusait de faire la queue au cinéma a eu, il y a 45 ans, la bonne idée d’inventer la Fête de la Musique.
Bon, soyons honnête : pour moi, cela ne veut pas dire grand-chose. La musique, c’est tous les jours, voire toutes les secondes, comme si mon cerveau était un juke-box permanent.
Écouter de la musique live uniquement le 21 juin, c’est comme fêter son amoureuse uniquement à la Saint-Valentin, ou manger des crêpes uniquement à la Chandeleur. C’est manquer d’initiative. Comme si ces fêtes, ainsi que les syndicats d’initiative, avaient été inventés pour ceux qui n’en ont pas.
Une fois intégré un peu tristement que ces gens-là n’étaient pas venus pour moi, je me souviens que nous avions, avec L’oreille qui gratte, organisé une Fête de la Musique dans la plus belle salle du département : C’Picaud . Salle climatisée. Ce qui, ce soir-là, relevait du luxe absolu.