Festival Improbable 2026 – Une semaine à La Gaude

Il existe des festivals qui alignent les têtes d’affiche. D’autres qui empilent les genres. Et puis il y a le Festival Improbable de La Gaude, qui porte parfaitement son nom.

Pendant une semaine, j’y ai croisé Neil Young, Quentin Tarantino, Uma Thurman, CharlElie Couture, une chorale locale, des punks niçois, de jeunes rockeurs chevelus et même le Paris Saint-Germain. Le tout sans jamais quitter la place du village.

Dès la première soirée, Préparation H me ramène aux années étudiantes, lorsque le ska-punk et l’humour semblaient pouvoir sauver le monde. Puis vient Dez In Volt, qui me réconcilie avec le répertoire de Noir Désir. Séparer l’œuvre de l’artiste n’est pas toujours simple, mais grâce à eux il est encore possible de redécouvrir ces chansons sans arrière-pensée. La soirée se termine avec Champollion, dont l’univers devient de plus en plus électro et personnel.

Le lendemain, Seuil d’Alerte ouvre les hostilités avec une belle décharge d’énergie. Puis arrive le Clément Althaus Trio. Dans Phantom of the Paradise, le héros vend son âme au diable contre le génie artistique. À voir Clément Althaus et Christelle Bernard, on se demande parfois si le marché n’a pas réellement existé. Leurs chansons ressemblent à de petites comédies musicales. En clôture, Fraggl’Rock revisite avec gourmandise plusieurs classiques du rock alternatif.

Troisième jour. En arrivant sur le site, Pop Corn interprète Another Day in Paradise de Phil Collins. Encore un jour au paradis.

Puis surgit Danger Bird, formidable hommage à Neil Young. Son mythique corbillard Mortimer Hearseburg semble avoir traversé l’Atlantique pour déposer à La Gaude un peu de l’Arizona et des grands espaces américains. Juste après, Homme transforme son concert en véritable course de vitesse. Une heure de rock sans frein ni temps mort.

Arrive ensuite la soirée jeunesse.

Mycélium ouvre le bal avec un grunge puissant qui rappelle parfois Nirvana. Puis Last Rainbow confirme tout le bien que je pense d’eux depuis leur découverte ici même en 2024. Leur progression est spectaculaire. France 3 ne s’y est d’ailleurs pas trompée en choisissant leur concert pour un direct. Je continue à penser qu’un jour les stades les attendent.

Le même soir, le vent soufflait jusqu’à l’Allianz Riviera, permettant à l’OGC Nice d’assurer son maintien en Ligue 1. Une raison supplémentaire de se souvenir de cette soirée.

Le lendemain, changement total d’ambiance.

The Man Esterel nous emmène au coin du feu avec Crosby, Stills & Nash, The Beatles, The Kinks, The Rolling Stones et bien sûr Neil Young. Puis arrivent Malt, des tatoués vêtus de noir dont la musique se révèle bien plus subtile qu’elle n’en a l’air. Derrière la puissance se cache beaucoup de finesse. Les filles en noir sont roses à l’intérieur.

Sous une magnifique pleine lune, Sympathy assure ensuite la bande-son idéale avant que Supersonic ne rende hommage à Oasis. Même si j’ai toujours pensé qu’Oasis était déjà un groupe hommage aux Beatles. La soirée s’achève avec Monsieur Chétif, quelque part entre Saez et Muse.

Enfin vient la clôture.

J’avais regretté l’absence de Call Me Winston – The Tarantino Tribute. Puis The N.C. Commitments by Shakin’ Mamas sont montées sur scène et ma déception s’est envolée.

Leurs harmonies sixties m’ont immédiatement replongé dans l’univers de Quentin Tarantino. Dans mon salon, une affiche d’Uma Thurman dans Pulp Fiction me rappelle chaque jour combien j’aime ce cinéma. À force de la regarder, elle est devenue un idéal féminin l’incarnation d’une beauté indomptable, dangereuse et magnétique.

Le festival étant né il y a dix ans pour offrir une scène à une chorale locale, il était logique que celle-ci soit encore au cœur de cette édition anniversaire. Son hommage à Michèle, fondatrice du festival, fut l’un des moments les plus émouvants de la semaine.

Et puis il y eut CharlElie Couture.

J’ai usé jusqu’au dernier sillon son album Poèmes Rock. Avec Comme un avion sans ailes, il nous rappelle qu’il est toujours possible de poursuivre ses rêves et de continuer à jouer sans les atouts.

Son univers demande du temps. Il faut accepter d’y entrer. Mais une fois la porte franchie, difficile d’en ressortir.

Ses derniers mots avant de quitter la scène furent aussi les derniers mots du festival :

« Et dans un an, déconnez pas les gars quand même ! »

Je crois que cette phrase résume parfaitement l’esprit du Festival Improbable.

Car au fond, ce festival défend bien plus qu’une programmation musicale. Il défend une certaine idée du monde : un monde rare, varié, curieux, accueillant, métissé, intelligent et attachant.

Un monde qui ressemble à ce festival.

À l’année prochaine.

Simon Pégurier

Vous trouverez ici quelques extraits vidéo

Vous pourrez également  retrouver, sur la page Face Book de l’oreille qui gratte soirée après soirée, l’intégralité de mes chroniques quotidiennes du Festival Improbable.

Préparation H https://youtu.be/MthN2qP1AKk

Dez In Volt https://youtu.be/dQBB5dPCyD4

Champollion https://youtu.be/jXMHtiFGrG4

Seuil d’Alerte https://youtu.be/fG1_JitPxvM

Bateleurs Clément Althaus Trio : https://youtu.be/aUGdj65WNfk

Fraggl’Rock https://youtu.be/GnppMtmsf8I

Pop Corn : https://youtu.be/xyiVe95akVM

Danger Bird : https://youtu.be/TV8AXp-fiiI

Homme : https://youtu.be/XITR9E7-u9E

Mycélium https://youtu.be/9qJ2q_VIHV4

Last Rainbow https://youtu.be/JYpp5FkvXW4

The Man Esterel https://youtu.be/ZrZ28hb8GMo

Malt https://youtu.be/DU-fVgDODiw

Sympathy : https://youtu.be/017e9V2vx38

Supersonic https://youtu.be/VEcwlJCi218

Monsieur Chetif https://youtu.be/60oZLO1q_Jo

The N.C. Commitments by Shakin’Mamas https://youtu.be/v2TSUCpPmSc

Les Chorales : https://youtu.be/WgXzG_Qkwsk

CharlElie Couture https://youtu.be/Ib0hsZLYv3M

Continuer la lecture
Fermer le menu