Dieu n’a pas trouvé mieux.
Si Bizet a habillé sa Carmen d’une robe rouge, c’est qu’elle incarnait l’amour, la passion, celle qui dévore.
Sans doute est-ce pour cela que le dress code de Syrinx, pour Festi’Vence, est le rouge. Et cela n’est pas fait pour me déplaire.
Dieu n’a pas trouvé mieux.
Dimanche matin s’est ouvert sur des airs de folk celtique. La chanteuse était en rouge. Forcément. L’après-midi a rapidement laissé place à Bizet, Verdi et Offenbach. La soprano était en rouge. Forcément.
Je confirme : Dieu n’a pas trouvé mieux que ces musiques si différentes, qui donnent toutes envie de rester à l’ombre des vieilles pierres de Vence. Une ombrelle élégante à la main, une fontaine alimentée par la source de la Foux pour se rafraîchir.
Dieu n’a pas trouvé mieux que les courbes d’un violoncelle, dont la voix est sans doute la plus proche de celle des humains. Que les doigts qui glissent sur les cordes ou qui s’envolent sur un piano à queue au détour d’un prélude de Chopin. Dieu n’a pas trouvé mieux que quelques pinces crocodiles laissant apparaître une nuque. Qu’un souffle d’air faisant danser les chevelures et les robes rouges.
Dieu n’a pas trouvé mieux qu’un concert pour dessiner la forme d’un sourire.
Dieu n’a pas trouvé mieux que ces premiers soirs d’été qui sentent les vacances et l’insouciance.
Dieu n’a pas trouvé mieux que le chant des oiseaux répondant au premier concert du matin, place Godeau. Que les rires des enfants du conservatoire. Que les regards remplis de fierté des parents qui les applaudissent.
Dieu n’a pas trouvé mieux que cette irrésistible envie de danser la Carioca… même quand on ne sait pas vraiment la danser.
Dieu n’a pas trouvé mieux que trois générations partageant une même soirée : ma mère, mon fils… et moi.
Dieu n’a pas trouvé mieux que les vitraux de la chapelle Matisse comme décor pour des chœurs féminins revisitant La Fontaine.
Dieu n’a pas trouvé mieux que les vibrations mystérieuses d’une immense harpe. Que le bonheur mélancolique de Satie. Que l’humour désespéré des chansons d’Aurore. Que cet accent polonais faisant revivre Louis de Funès jusque dans un lieu sacré.
Dieu n’a pas trouvé mieux que les pétales de Rose de la mariée s’envolant au-dessus des pavés historiques de Vence.
Dieu n’a pas trouvé mieux que des enfants inventant une nouvelle discipline de gymnastique rythmique sur un air de rockabilly.
Dieu n’a pas trouvé mieux que L’Hymne à l’amour.
Et comme Dieu n’a pas trouvé mieux, il a peut-être voulu rappeler qu’il était chez lui en faisant sonner les cloches au milieu d’un ballet symphonique. À moins que sa seule carte à jouer ne soit finalement… l’absence de guitare électrique.
Dieu n’a pas trouvé mieux que quelques robes rouges pour donner une couleur à un week-end entier. On dit que le rouge est la couleur du diable. C’est peut-être simplement parce que Dieu n’a pas trouvé mieux. De là à dire que Jacques Vallée et toute son équipe rivalisent avec le Créateur… certains franchiront le pas. Et si Dieu a finalement ouvert les portes de la cathédrale de Vence pour un duo violoncelle-piano, c’est peut-être parce que, ce soir-là, les anges avaient eux aussi envie d’écouter.
Non… Dieu n’a pas trouvé mieux.
Et c’est peut-être justement la preuve qu’il exist