Rencontre avec Namjera

J’ai eu la chance folle d’être reçu par Namjera dans leur antre pour une interview.
Chance folle tant leur musique m’est ancrée.
J’ai parlé de musique de ce que je devrais nommer œuvre.
Un voyage et un paysage émotif dépeignant des tableaux jetés au ciel, une quarantaine de minutes prégnantes aux limites du shamanisme.
Monter cette itw alternée de leur art est une gageure tant il est dommage de chercher à comprendre complètement tout ce qui est à mon sens indicible.
Une potion magique se ressent, ne se déchiffre pas.
Ici s’égrène comme un battement le temps, qui semble s’allonger doucement, continuer malgré quelques grains de notes dissonantes en rouages, avant l’explosion, longue, diffuse.
On s’avance, rentre dans Namjera comme dans une mer, devenant par moment, océan. Leur musique est une histoire, continue, une immersion de 43 minutes, où chaque seconde est une touche de pinceau dressant paysages, tableaux et pages s’effeuillant seules. Le quatuor livre des échappées puissantes qui nous reviennent en boucles comme des furieuses balles rebondissantes.
De l’orfèvrerie qui par moment s’explose au sol, se remodèle dentelle, s’infuse.
Au début de tout il y avait Aymen, le jeune homme au sourire rayonnant, la base, déjà dans sa position , il est la colonne vertébrale, huile et rouage, fil d’Ariane où chacun tour à tour va monter « funambuler ».
Au début aussi il y avait Jonathan. Un personnage semblant grand petit Prince mais surtout Edwards aux mains d’argent mutantes sous vos yeux, entouré de sa batterie comme autant de potions magiques (pincée d’ici , pincée de là … ). Un jeu tout en équilibre instable pour obliger par moment l’envol, la dégringolade et l’envol, encore, il est par moment, le chemin saccadé, l’escalier dans le vide, la voie qui s’ouvre où chacun va s’engouffrer, tracer chemin, s’ouvrir lumière.
Sebastian est le feu qui couve, la braise qui souvent explose, alimente et s’alimente auprès de l’un, de l’autre, et de l’autre encore, une toupie magique en apesanteur constante.
Et Nico, la présence, l’ancré qui se laisse de temps en temps fissurer par tant de génie (ou de génies) là-dedans (ou dedans), qu’importe, car l’important … C’est trouver la porte, le couloir, l’appel, le saut d’une musique qui vous prends comme une main aux triples… …
De l’orfèvrerie qui par moment s’explose au sol, se remodèle dentelle, s’infuse.
 

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Chansons Romantiques par GiedRé

Une pochette digne d’un symphonie de Mozart et un titre aussi vendeur que « Chansons Romantiques au Piano » voilà ce que nous promet le nouvel album de GiedRe, et pourtant il suffit d’un peu connaître l’artiste pour savoir que ce n’est pas un disque à offrir à mamie.
Pourtant le titre ne nous ment pas avec 10 morceaux joués pratiquement qu’ au piano, mais avec une simplicité dingue s’approchant de la musique pour enfant. De quoi nous forcer à écouter les paroles. Et parlons-en des paroles !
Le non politiquement correct et l’humour noir inspiré de Brigitte Fontaine, Didier Super ou même du grand Brassens me fait encore et toujours autant rire.

Malgré une légèreté enfantine basée sur un humour que je pourrais qualifier de « pipi caca » sans tomber dans l’insulte et une voix qui chante d’une manière toute aussi enfantine on pourrait vite crier à la blague de rue. Pourtant avec une légère ouverture d’esprit on peut y trouver un véritable engagement, pas vraiment politique mais comparable à une prise de position. Vous allez dire que j’exagère mais pour moi une fille qui chante qu’elle aimerait rentrer tous ses sacs plastiques dans le derrière du ministère de l’écologie moi ça me touche.
(Voir le deuxième morceau de l’album, Sac Plastique).
Jouant donc au fil des morceaux du racisme, de l’écologie, de la mauvaise haleine, de la surconsommation de masse, et de la cause féminine qui lui est chère, je peux d’ailleurs citer à ce propos les morceaux « tu as une bite » et surtout « à poil » dans laquelle elle répète la dite phrase tel un père de famille alcoolisé à un concert. « On te veut à poil, mais on ne veut pas tes poils » mais avec sa voix cela sonne presque comme une comptine pour enfant, du grand art.

L’album finit avec « Manger du caca » ou GiedRe nous dévoile le plus grand tabou de la sphère musicale, et révélation tous les artistes rêveraient en réalité que nous chantions en chœur, « 
Moi je mange mon caca et j’aime ça, manger du caca, c’est mon dada à la cuillère ou à la main pour le dessert ou au petit matin manger du caca moi j’aime ça. »
Et avec comme bruit de conclusion de l’album une chasse d’eau. Vous avez dit artiste engagé ?

Baptiste Pégurier 

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# 786 Malt Liquor

Le Mercredi 01 Septembre 2021

Diffusion le 18 Septembre 2021 (1r partie) / 25 Septembre 2021 (2e partie)

Invité : Malt Liquor

Album de la semaine : Yann Tiersen : Kerber

+ Retour sur les concerts de l’été

Yann Tiersen : Ker Yegu

Yann Tiersen : Poull Bojer

Morphine : Buena

Adamé : Pas maintenant

Kid Francescoli : roma hollywood (Live à l’OQG)

Pomme : Anxiété

Katerine :

Tigran Hamasyan : Levitation 21

Les Rita Mitsouko : Les Histoire d’A

Benjamin Biolay : Comme une voiture volée

Asaf Avidan : One day

Mogwai :

Andreas (feat. 2Pac) : Black Panthers Under my Skin

Thomas Fersen : Cest tout ce qu’il me reste

Gaël Faye – Lundi Méchant

Yann Tiersen : The Film

Malt Liquor : Hell I’m blind

Malt Liquor : 18 Février

Malt Liquor : Callin’ Home

The Big Picture : Last Train

Malt Liquor : Sex Drug & Candy

Malt Liquor : Sweater Weather (Cover Neighborhood)

Malt Liquor : ML

Malt Liquor : The Last Train

Les Videos :

Retour sur les concerts de l’été 

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Qui se souvient de…. ? Morphine

Une basse slide 2 cordes jouée au bottleneck, un saxophone baryton et une batterie, aujourd’hui je vous parle de l’une des formations les plus atypiques qui soient : Morphine. Certains penseront que je vous fais un affront en vous demandant si vous vous en souvenez. Morphine reste cependant à mes yeux un groupe qui n’est pas suffisamment évoqué, aussi bien en tant qu’influence qu’en tant que simple référence.

Fondé par le regretté Mark Sandman, ancien membre de Treat Her Right et le saxophoniste Dana Colley, Morphine a eu l’ambition de se faire un nom dans la grande famille du rock alternatif américain sans aucune utilisation de guitare. Un savant mélange de blues, de jazz et d’arrangements propres au rock indé de leur époque a construit leur identité durant sept ans de carrière sans faute. Impossible de rester insensible à ces sonorités insolites, où des compositions langoureuses ou énergiques se mêlent à la voix grave et sensible de Sandman.

Des mélodies hypnotiques pouvant aussi bien nous projeter dans les coulisses d’un club de jazz underground que dans une chambre aux lumières tamisées en charmante compagnie.

Leur album Cure for Pain sorti en 1993, successeur de leur premier effort intitulé Good sorti l’année précédente, est considéré comme l’un de leurs meilleurs, si ce n’est le plus représentatif du trio. C’est d’ailleurs grâce à lui que Morphine se fera connaître en Europe et battra des records de vente pour un label indépendant avec 300 000 exemplaires vendus. Suivront Yes en 1995 et Like Swimming en 1997 qui compléteront et achèveront une discographie constamment fidèle à une technique et un style hors-norme. The Night sortira en 2000, un an après la mort de Sandman, victime d’une crise cardiaque sur une scène italienne.

Morphine aura finalement exercé durant la quasi totalité des années 90, tout en restant à contre-courant des registres phares de cette décennie et en gardant une popularité intacte jusqu’à la fin, ce qui relève de l’exploit.

Remède à la douleur certes, mais également à la monotonie.

Sandra Cillo-Boyer 

 

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