Quand on s’appelle Polly Jean Harvey et qu’on foisonne d’idées et de talent, on choisit de s’embarquer avec son vieux complice, photographe vidéaste Seamus Murphy dans un voyage qui les mènera du Kosovo à Washington via l’Afghanistan. Il en résulte un album conçu comme le journal de bord du périple qui l’ont menés incognitos au cœur de la souffrance et de la misère. Le résultat du tournage se nomme The Wheel (aussi notre 1er tire). The Wheel est un documentaire engagé relatant la misère des Balkans, P J Harvey en ramènera, un recueil de poèmes écrit en même temps que les textes de The Hope Six Demolition Project. Ce nouvel album de PJ Harvey a été conçu pendant une résidence au Somerset House à Londres. Il y eu une expo intitulée ‘Recording in Progress’ mettant en scène PJ Harvey, son groupe et les réalisateurs Flood et John Parish, (ses collaborateurs depuis 1995) ainsi que toute l’équipe, au travail dans un studio construit pour l’occasion et permettant à un public restreint d’observer le travail.
Un live multimédia, mêlant poèmes et documentaire accompagnant les onze nouvelles chansons du disque a même eu lieu à Londres en octobre dernier. L’art total quoi !
Sur ce projet, elle a tiré la quintessence du chaos qui agite la plupart de nos sociétés, que ce soit sur le plan social, économique ou environnemental.
Le nom de l’album fut inspiré à PJ Harvey après son voyage à Washington où le projet « Hope VI » visait à démolir des taudis, avec pour conséquences, l’impossibilité pour les habitants de se reloger dans des habitations devenues trop chères.
Un saxophone omniprésent, les parties vocales ainsi que les choeurs, assurés par les multi-instrumentalistes Terry Edwards et James Johnston (Gallon Drunk, Nick Cave, tom Waits…) Tout me va dans cet album.
On ressent la désolation et la désespérance qu’elle voit. Un album de colère et d’amour, sans effets de style ni de glamour Une réflexion sur la guerre et la misère du monde. Une rockeuse unique et indignée qui ignore la complaisance ou la facilité…
C’était le punk-rock avant
qu’on ne lui trouve un nom. Entre juin 1974 et août 1975, un OVNI est
enregistré à Cleveland (Ohio) Peter Laughner a fondé le premier groupe de rock
underground de Cleveland. Ils jouaient un mélange plutôt amphetaminé des
Stooges et du Velvet.
Avant de mourir à l’âge de 24
ans Laughner a été le leader de différents groupes mais est surtout connu pour
sa participation à Rocket from the Tombs et aussi à la création de Pere Ubu.
Après quelques 45 tours Peter
Laughner est alors en plein processus d’auto-destruction et les autres membres souhaitent
qu’il quitte le groupe. Ce sera fait en 76 et pour cause… Il avait de très gros
problèmes d’alcool et de drogue qui provoquèrent son décès (pancréatite aiguë)
en 1977, à l’âge de 24 ans
Laughner était un fan de rock
et écrivain acharné, très influencé par Lester Bangs (critique et chroniqueur
rock célèbre). Laughner admirait Lou Reed, mais s’inspirait aussi de bluesmen
comme Robert Johnson et Woody Guthrie.
A l’époque, Lester Bangs avait
commenté cet évènement ainsi : “ je
pense que c’est le début d’une autre époque – La "New Wave” peut se
targuer de sa première victime, et étant donné la prédilection du milieu pour
la drogue et, plus généralement, l’autodestruction, on peut parier qu’il y en
aura beaucoup d’autres après lui.“.
En nov 2015 deux des membres
fondateurs relancent le groupe et sort un CD album – Rocket from the Tombs – Black
record
Je viens de recevoir un mail m’annonçant que c’est
l’anniversaire de notre blog www.loreillequigratte.com
(49 919 visites
en 5ans)
C’est l’occasion de ressortir un billet que j’ai écrit il y
a 10ans à l’occasion de la 400e émission.
Bien
sur aujourd’hui la boite à lettre est numérique, ma fille est venue au monde
sur Careless Whisper , je continue à grossir, je suis de plus en plus sourd,
plein de personnes nous ont rejoints (d’autre nous ont quittés) mais à quelque
chose près ce billet est toujours d’actualité
Putain mardi c’est la 400eme émission de l’oreille qui gratte donc 12 ans
d’antenne…
Une fois n’est pas coutume, je vais faire une bafouille en forme de
remerciements.
Tous d’abord je trouve dingue qu’après tout ce temps je me fasse encore
avoir, que je cours toujours après toutes ces nouveautés issues du rock
indépendant, recherchant la mélodie, l’accord parfait qui va changer ma vie
pendant…. 3 semaines… après j’aurai oublié a jamais ces groupes hyphes (je
pense par exemple aujourd’hui aux klaxons). Cette quête effrénée fait que le
moment le plus jubilatoire de mes journées est quand je descends à la boite aux
lettres voir les galettes que j’ai reçues, dans l’espoir bien sûr de trouver
l’essence du rock‘n’roll : instantanée, révolutionnaire, sexuelle. Ma drogue
à moi en somme qui me sert de carburant pour supporter la médiocrité du
quotidien.
Cette quête musicale, ce défrichage continuel m’a amené en 600 heures
d’émissions de radio à passer 6800 chansons, recevoir 250 groupes (des plus
connus Camille ou Dionysos (les copains de toujours) a Pierrot de le chanteur
du rue du pays vencois), réaliser 300 interviews et autant de sessions
acoustiques émaillées d’îles désertes (chiffre à la louche bien sur), sans compter la quantité innombrable de
disques que j’ai pu écouter, ni même le nombre de concerts auxquels j’ai
assistés, ce qui fait qu’aujourd’hui je deviens sourd de l’oreille droite, mais
qu’importe…
Qui se souvient de la chanson qui passait à l’instant de la naissance de
son premier enfant ? Moi Polnareff. Je réfléchis quotidiennement au
premier disque que ma fille qui arrive dans un mois va écouter.
Pour beaucoup Je dois être malade ! Certainement mais pas plus que
les sportifs, qui courent puérilement derrière un ballon en veillant à ce que
le voisin n’aille pas plus vite. Moi je ne suis en concurrence avec personne.
L’oreille qui gratte ce n’est pas un truc d’autiste que je fais seul dans
mon coin. C’est avant tout une extraordinaire histoire d’amitié avec Benoît mon
ami de 22ans avec qui, attablés à une terrasse vençoise ensoleillée nous est
venue l’idée folle de lancer cette émission, Benoît trouvant le titre et moi le
générique. 12 ans après ce sont encore les deux mêmes qui sont aux rennes de
l’émission. Peu de gens peuvent se targuer d’autant de fidélité en amitié.
Notre relation est la principale force de l’oreille.
En 12 ans nous avons eu beaucoup de compagnons de route qui nous ont nourris, motivés, aidés, nous les remercions
maintenant : Philippe Vernay, Laurent, Francky, Vicky, Hervé, Francis,
Antoine, Christelle, Philippe Henry ou encore récemment Justine et bien sur la
dernière recrue Alain, à la culture musicale incommensurable avec qui
maintenant nous formons officiellement un trio à la tête de l’émission. J’en
oublie certainement, je m’en excuse. Je
joins mes remerciements aux groupes qui se prêtent à notre émission, aux
salles de concerts qui nous reçoivent, aux maisons de disques, et bien sur aux
médias qui nous soutiennent, telle Nouvelle Vague ou Live In Marseille
Certains me reprochent de ne pas grandir, de m’enfermer dans
l’adolescence, je dis non, il y a 12 ans j’étais mince avec les cheveux longs
et aujourd’hui j’ai grossi, j’ai des cheveux mi-longs sur les épaules… Plus
sérieusement pour moi la fidélité, la constance et la persévérance sont parmi les qualités les plus importantes
de l’être humain. Mes proches reconnaissent que je ne brûle jamais ce que j’ai
aimé, et si sur mon lit de mort je ne renie rien de se que j’étais à 20 ans je
me dirai que je n’ai pas complètement raté ma vie
Maintenant en
route pour la 500eme mais d’abord je dois écouter ce disque tout chaud qui
vient d’arriver. Allez rien que pour une fois je fais une pause pour boire une
coupe de champagne la santé de la musique en général et de « l’Oreille qui
gratte » en particulier.
Scarecrow
vous emmène dans un monde où le Blues et le Hip Hop ne font qu’un, où le groove
est roi, qu’il soit arraché dʼun Dobro ou samplé dʼun vieux vinyle…
Les quatre toulousains – galvanisés
par 400 concerts dans 15 pays l’an dernier – reprennent la route en 2016, pour
présenter les titres de leur prochain album prévu pour le mois de mai…
Du Blues des années 20 au Hip
Hop des années 90, il n’y avait qu’un pas à faire… Scarecrow vous emmènera dans
un monde où Son House côtoie Jurassic Five, mais finalement, rien d’anormal ! Le
hip-hop n’est rien d’autre que le blues des années «90». C’est dans les deux
cas l’expression de gens qui opprimés et qui souhaitent s’évader, grâce à la
musique.
Des textes noirs mais pas
pessimistes dressant un constat de l’état de la société actuelle. Il existe
toujours des gens exploités, des gens au bord du gouffre
Sur scène, Slim -guitariste – et Antibiotik -scratcheur/rappeur-
confrontent les générations dans l’exercice de style qui est de mêler deux
langues, deux cultures, avec pour trame de fond la basse et la batterie
enivrantes de Jamo et de Papʼs.
Scarecrow ne se voit pas
comme un groupe engagé, mais à la question :
« vous vous autoproduisez et restez indépendants. Est-ce un choix ? »
Ils expliquent :
« Oui, cette démarche est la nôtre car nous avons souhaité rester maîtres
de notre destin artistique tout en cherchant à comprendre les systèmes de la production.
Aujourd’hui, avoir une liberté musicale et financière est un luxe, cela nous à permis
par exemple de mettre notre album en téléchargement libre ».
Derrière ce mot désignant un
épouvantail : Scarecrow ne doit pas faire peur, pas de trace de méchant,
ici, rien que du bon !
C’est groupe de rock britannique
plutôt éphémère (79 à 82). Ils n’auront commis que 2 singles et 2 albums
L’histoire : Alors là
faut prendre des notes !
On est en 1979…Après le split
des Sex Pistols et la mort de Sid
Vicious, Steve Jones et Paul Cook, joueront
avec Johnny Thunders et formeront Shampistols,
groupe qui se sépare très vite.
Là ; Cook et Jones formeront un groupe très
éphémère “the looters” avec
Paul Simonon (the clash)
Cook et Jones
finiront par former “the professionals”
avec le bassiste Andy Allen qui jouait déjà sur des titres des Pistols.
Deux single sortiront en
1980. Mais Allen est viré du groupe (il n’avait pas le look adéquat…) Il se
vengera quelque peu, en empêchant la sortie de l’album prévu cette année là…Na !
Andy Allen sera alors remplacé
par Paul Myers.
Je résume :
Membres du groupe
Steve Jones : chant et
guitare
Andy Allen puis Paul Myers : Basse
Ray McVeigh : 2eme Guitare
Paul Cook : batterie
Le groupe ne fera que de
rares apparitions en Angleterre, préférant tourner aux USA .
La carrière du groupe sera
plombée par un grave accident de voiture en 1981 durant la première tournée
Américaine et 3 membres sur les 5 ont été gravement blessés. Finalement le
groupe se sépare fin 82 car Steve Jones
a décidé, lui, de rester à New-York.
On retrouvera tous les
membres du groupe qui joueront ensuite, chacun, dans divers groupes…ouf !
Invité : Champollion Album de la semaine : Arno : Human Incognito Le Mardi 08 Mars 2016
Arno : Please exist Arno : I’m just an old motherfucker The ShougaShack : Totem Champollion : Les fous Champollion :Grey-Blue eyes Rover : In the end Arno : Je veux vivre Cunted Kunts : Les Red Hot c’est de la merde Champollion : Hé Joe Champollion : Perfect Day (Lou Reed Cover) Neil Young : Song X Arno: Never trouble trouble
Invité : Monkey Men Album de la semaine : Suuns : Hold / Still Le 16 Février 2016
Suuns : Resistance Suuns : Careful Olaby : Blue green Monkey Men : Indian Girl Blues Monkey Men : Gasoline Little Bob : Jimmy Tramp Suuns : Un-No Monkey Men : The Jinx CD Monkey Men : The Tide Monkey Men : Waiting for the man (The Velvet Underground Cover) Earth, Wind & Fire : Got to Get You Into My Life Sharon Jones : Long Time, Wrong Time
vous prononcez « soons » Zero en Thaï (d’ailleurs c’est le titre de leur 1er opus)
MEMBRES : BEN SHEMIE, JOSEPH YARMUSH, MAX HENRY, LIAM O’NEILL
Définir la Musique de Suuns, du groupe canadien créé par Ben Shemie et Joe Yarmush, n’a jamais été très simple, c’est donc pour cela que j’ai rangé le troisième Album de ces quatre Canadiens dans mon dossier Rock Indé, mais ça aurait très bien pu être classé dans Psyché, Expé, shoegaze voire même Krautrock.
Je me disais en écoutant leur musique très électronique, à la fois énigmatique dissonante et sensuelle, que David Lynch aurais sans doute aimé être l’auteur de certains de leurs titres.
La Musique des Canadiens me transporte carrément et depuis 2010, aux côtés d’autres groupes comme The Besnard Lakes, ils composent une musique libre et sans contraintes et se sortent largement des traditions du genre.
A chaque fois je voyage et c’est encore le cas avec ce superbe “Hold Still” enregistré à Dallas. Même si mon avis n’est pas forcément objectif… je dirais que Suuns c’est l’art difficile de faire de la musique compliquée mais accessible à tous…
Comment rester insensible à des Titres comme “Careful”, “Translate”, « Mortese and Tenon » "Resistance" entre autres
Le groupe confirme une fois de plus tout le bien que l’on pensait d’eux. Et dire qu’ils n’en sont qu’à leur troisième Album ! ça promet !
Ah ! j’aurais pu créer une catégorie : c’est parfois Du blues électroniques
Maurice White, était batteur, artiste de studio et surtout fondateur du mythique groupe de disco-funk Earth, Wind & Fire en 1969. Il est donc décédé mercredi 3 février à l’âge de 74 ans. Atteint de la maladie de Parkinson, qui l’avait obligé de quitter la scène depuis plus de vingt ans. C’est son frère Verdine, le bassiste d’Earth, Wind & Fire, qui a annoncé sa disparition sur Facebook.
Maurice, fonde le groupe à la fin des années 60. Dans un pays qui porte toujours les stigmates de la ségrégation, Earth, Wind & Fire offre une magnifique synthèse de leur héritage musical afro-américain entre funk, gospel, soul, rythm & blues . De September à Boogie Wonderland en passant par Let’s Groove ou encore Fantasy, leurs tubes ont enflammé les dance-floor du monde entier. Earth, Wind & Fire connut ses plus grands succès au temps des pantalons « pattes d’eph et les cols pelle à tarte », c’est la période Disco.
En 1978 Earth, Wind & Fire a repris le titre des Beatles go to get you into my life pour le film Sgt. Pepper Lonely Hearts Club Band. Ils ont sorti ce titre pour la B O du film et uniquement en single 45 t, et l’ont ensuite inclus dans un Best Of. Cette reprise se classe alors au mieux dans les Charts et remporte même un Grammy Award.
RIP Mr White, et pour les croyants, on pourra lui donner un RdV désormais dans le feu, le vent ou la terre…
Je parvenais même, en de rares circonstance à vivre avec lui quelques-uns de ces instants mémorables que, dans un passé, je n’avais jamais su lui offrir. A un salon du livre à Mouans-Sartoux, dans l’arrière-pays cannois, que j’avais à nouveau piraté par mes expérimentations musicales, et dont l’organisateur avait placardé partout dans le village des affiches de ma tête, annonçant un concert, ce qui suscitait l’hilarité incrédule de mes confrères écrivains, nous nous étions retrouvés ensemble dans la chambre d’un auteur invité pour faire tourner un pétard – ce qui, je crois bien, sidéra Antoine qui m’avait entendu lui expliquer plusieurs fois tout le mal que je pensais de l’absorption régulière de cannabis à laquelle il se livrait avec ses copains.
Michka Assayas : Un autre Monde (Rivages) . Pages : 170,171
Invité : Bloon Album de la semaine : Savage : Adore life Le Mardi 02 février 2016
Savage: Sad Person Savage: Adore Martin Mey : One time too many Bloon : Cosmogonal Bloon : Gloomy Winter David Bowie : Heroes Finley Quaye : Sunday Shining Massive Attack, Tricky & 3D : Take It There Savage: Evil Bloon : Gold in My Head Bloon : The Maze Bloon : Ma femme est folle (Gerard Depardieu Cover) The Shadows Of Knight : Bad Little Woman Savage : Slowing down the world
“Un autre monde” de Michka Assayas conte le récit autobiographique d’un critique de rock qui traverse le miroir pour fonder une groupe avec son fils de 15 ans. A l’occasion de la sortie de ce livre, je retrouve dans les archives de L’oreille qui gratte un document extraordinaire avec l’intégralité d’un concert de Michka Assayas en date du 4 octobre 2009 à Mouans Sartoux. Et oui, comme le récit est autobiographique, l’auteur du dictionnaire du rock a réellement pris sa guitare pour monter sur scène avec son fils. Cela fut le cas à Mouans-Sartoux, grâce à mon ami et génial directeur de la médiathèque de Mouans-Sartoux Philippe Gamba.
J’étais présent et j’avais filmé l’intégrale de ce concert sur un vieil appareil photo.
Cette vidéo est le complément indispensable à la lecture du livre.
Frustrés de ne pas entendre ce qu’ils voulaient sur les radios traditionnelles il y a tout juste 20 ans Simon Pégurier et Benoît Belasco créent L’oreille qui gratte sur Agora Côte d’Azur , rendez vous radiophonique consacré au rock indépendant.
Chaque semaine ils reçoivent un artiste régional pour une session
acoustique, le tout agrémenté d’interviews, de nouveautés mais aussi
d’autoproductions (nombre d’artistes aujourd’hui célèbres ont eu leur
premier passages en radio à l’Oreille Qui Gratte). Cette émission est
aujourd’hui culte, elle est le passage obligatoire de tous les artistes
de notre région
Pour aller plus loin, pour avoir plus d’espace et de liberté ils ont créé il y a un an leur propre Web-Radio http://radio.loreillequigratte.com 24h/24h – 7 j/7. Le succès est au rendez-vous. Faites le plein de cette musique pas comme les autres.
Invité : Pen Boch Album de la semaine : David Bowie : Blackstar Le Mardi 19 Janvier 2016
David Bowie : Lazarus David Bowie : Blackstar Pen Boch : Saf-Saf Pen Boch : La Fin des Rêves David Bowie : I Can’t Give Everything Away Les p’tits gars laids : tes belles Pen Boch : Ici Bas Pen Boch : Père Pen Boch : Piercing Ibrahim Maalouf : Impressi (illusion) David Bowie : Rebel rebel David Bowie : Girl Loves Me
Après les tonnes d’hommages dont certains furent hallucinants, par exemple : J P Raffarin, les frères Bogdanoff et un certain Laurent Wauquiez, ouvertement homophobe, qui défilait à la tête des puritains, aux manifs contre le mariage gay (sic : pour tous) voici ma modeste participation.
Début de l’histoire… 70 – 73 : je l’ai vu « passer » mais ne m’y suis guerre intéressé. A l’époque j’achetais et écoutais Steely Dan, Lou reed, Neil Young, Deep Purple, Dylan, Elton John, Eagles et autres Pink Floyd (et encore je passe toute la Soul et les Français!)… Puis fin 70’ je suis invité au Palais des congrès pour un opéra-rock plutôt marquant : Il y avait là, l’homme politique prêt à tout et à l’égo démesuré (pléonasme), dans une cité appelée Nazi-land, des rebelles qui s’appelaient (tiens, tiens) Blackstar, l’Underground Café et sa serveuse automate amoureuse de Ziggy, et là j’ai eu envie d’en savoir plus et découvrir ce Bowie, seulement entraperçu…
Alors voici ce j’ai découvert Au-delà son talent musical, une certaine presse faisait écho aux grands appétits sexuels atypiques de l’artiste ! On sut que d’Elizabeth Taylor, à Mick Jagger en passant par Tina Turner, Lou Reed et tant d’autres…ont comptés parmi ses conquêtes. Mais peu lui importait, il disait “J’ai dragué tout le monde. C’était une période merveilleusement irresponsable”
Moi, Je ne suis donc pas un fan absolu de la 1ère heure, mais en même temps j’ai découvert ce Bowie qui a évolué dans un domaine artistique extraordinaire et extrêmement riche et varié, tout au long de sa carrière. Dès lors j’ai toujours écouté certains de ses morceaux avec beaucoup de plaisir et en particulier toute cette période des seventies d’Aladdin Sane, Ziggy Stardust, etc… Par contre la période Let’s Dance, les années 80, je ne l’ai pas du tout aimée. D’autres faisaient bien mieux que lui dans le genre disco. J’adule toute cette décennie 70, mais depuis quelques années, c’est Station to station, qui me fascine particulièrement. On est en 75-76, David a déjà été mod, hippie, rocker, glam, et là il se réinvente en Thin White Duke, la plus classe de ses incarnations scéniques. La plus inquiétante aussi. Album parfois considéré comme un album de transition, avant l’apothéose de la trilogie berlinoise, avec Brian Eno. Mais laissez-moi aimer Heroes, c’est tellement bien. Tiens, ça me fait penser à l’arrivée de Bowie à la Victoria Station, cette même année 76. A-t-il fait ce salut nazi que d’aucuns ont cru voir ? Bowie était un visionnaire, un artiste hors du commun. Pas un «simple musicien de rock», il a développé tout au long de 45 années de carrière un univers absolument unique. Il a toujours été capable d’évoluer à travers les nombreux personnages qu’il a incarnés. Je l’ai finalement aimé au point d’aller à Paris il y a quelques mois pour l’EXPO BOWIE à la Cité de la musique et dont je joins 2ou 3 photos. RIP Mr Jones.
Tout le monde raconte sur Face Book ou ailleurs ses souvenirs de David Bowie.
Bien sur je pourrais vous parler de la découverte frénétique de chacun de ses albums grâce à mon ami de toujours Laurent Fumas qui les possédait tous en K7. J’ai usé la bande de chacune de ces K7 jusqu’à leur dernier millimètre. Pourtant ce n’est pas à ces K7 empruntées chemin du Suveran à Vence auxquelles je pense spontanément quand j’entends Bowie. Mais a cette scène culte du film « Mauvais Sang » de Leos Carax où soudainement Denis Lavant entend « Modern Love » à la radio et se met frénétiquement à courir dans la rue. https://www.youtube.com/watch?v=rXvQBqMJ2BU
Bien sur Leos Carax est un des mes réalisateurs favoris, bien sur ce film est hymne à l’amour où comme dirait Ferré à Ostende on se demande « si ça vaut le coup de vivre sa vie » en dehors de ce moment d’amour fou et débutant. Bien sur Denis Lavant est un acteur génial, bien sur n’importe qui serait amoureux de Juliette Binoche alors au top de sa beauté…
Bien sur il y a tout ça. Tout ce qui fait que je bloque encore et toujours sur cette scène. Elle est pour moi synonyme de liberté, d’insouciance, de jeunesse, de folie. Cette scène est une déclaration d‘amour à la vie, à ces moments où l’on vole, où l’on se croit immortel. Mais la force de cette scène vient, bien sur essentiellement, de ce morceau Modern Love. Oui bien sur les puristes me diront que ce morceau est extrait de « Let’s Dance » (il l’ouvre) l’un des albums les plus faibles de Bowie. Mais ce morceau fonctionne tel un rouleau compresseur où une fois pris dedans il devient impossible d’arrêter la machine. Reconnaissons lui un seul défaut il y a, il est vrai, un peu de trop de saxo…
Cette scène a fait des adeptes jusqu’aux Etats-Unis puisqu’elle a été reprise presque telle quelle (même musique, même course dans les rues) dans le très réussi film France Ha de Noah Baumbach. Film qui transpose Woody Allen au féminin https://www.youtube.com/watch?v=73z_w-wbz_Q
Qui sait, c’est peut être pour l’effet que la radio peut provoquer en nous, que j’ai décidé à mon tour un jour de passer derrière le micro.
D’une manière générale je trouve que les titres de Bowie sont très cinématographiques. Pas plus tard que Dimanche (veille de la mort du génie) je regardais Seul Sur Mars, à un moment Ridley Scott a choisi « Starman » pour mettre Mars en musique. J’ai soudainement sauté de mon fauteuil, dit « putain Bowie » et monté le son (réveillant les enfants…) et oui les musiques de Bowie au cinéma ont un effet surprenant sur moi.
Oui certains vont tiquer j’aurais pu (du) vous parler de sa période berlinoise, de sa relation avec Iggy ou Lou Reed, d’Aladdin Sane, d’Outside (chef d’œuvre des années 90), de ces nombreux concerts azuréens, de Space Odity… oui tout ça fait partie de moi. Mais pourtant quand je pense à David Bowie je vois une course Denis Lavant