Si je vous dis : Frédérique
Mistral, J Steinbeck, Anatole France, Hemingway, Camus…
Vous me répondez : Prix
Nobel de littérature…bravo !
Ce 12 octobre 2016 – Bob
Dylan a été récompensé “pour avoir
créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux
modes d’expression poétique”, ainsi s’est exprimée la secrétaire
générale de l’Académie, Sara Danius.
Depuis 1962, Robert Zimmerman
(Dylan – Minnesota) a écrit 500 chansons. Il est un lecteur compulsif et s’il a été influencé par la musique
folk de Woodie Guthrie et le blues de Robert Johnson, il l’a été aussi par
de nombreux écrivains. Notamment ceux de la Beat Generation
(Kerouac, Ginsberg), et également Arthur Rimbaud qui reste une de ses
influences majeures.
Il a écrit des textes engagés
pour les droits civiques (Blowin’ in the Wind ), antimilitaristes (Masters of
War)
Il a lui-même influencé profondément un grand
nombre d’artistes américains et britanniques. Voir ainsi les Beatles, dont les
textes se sont étoffés et sont devenus plus complexes sous l’influence reconnue
de Dylan.
Les chansons de bob Dylan
peuvent se lire ou se déclamer comme des poésies. Subterranean Homesick Blues
(1965) donne un aperçu de la façon dont il jouait avec les mots sur fond très engagé :
« 20 ans d’école et tu te retrouve à
faire les 3 huit » à l’usine.
Bob Dylan a publié en 2004 Chroniques (vol 1) une des meilleures autobiographies
d’artiste contemporain. Encensé par la
presse, le livre démontre tous les talents d’écrivain et de conteur de Dylan.
Un talent qui s’était déjà exprimé –mais de façon beaucoup plus
expérimentale – dans Tarantula,
publié en 1971.
Certains « lettrés
labellisés » ont critiqué l’attribution de ce Nobel et se sont sentis
lésés mais je trouve qu’ils manquent sérieusement… de philosophie… pour polémiquer
ainsi. D’ailleurs avant Dylan , d’autres personnalités qui sortaient du cadre
de la littérature ont été récompensées. Je pense à Winston Churchill, qui a
reçu ce prix, après la parution de ses Mémoires…alors…
« Combien de routes un
homme doit il suivre, avant d’être appelé un homme ?»
Pourtant leur 4eme album,
mais pas si facile de trouver des infos sur ce groupe Canadien. Leurs débuts
remontent à 2008. Ils sont les héritiers
d’une certaine vieille école, rock ‘n’ roll disons… éthique.
Arrivants à un moment où
l’Internet a complètement modifié la façon dont nous consommons de la musique,
Ils sont venus d’un coin industriel de l’Ontario armés de leurs chansons. Arkells
connaissait ses classiques. Ils ont donc fabriqué des chansons s’inspirant de John
Lennon et Elton John, mais aussi de Springsteen, et aussi des succès de la Motown
Après la sortie de Michigan Left 2011 et High Noon- de 2014 : succès
national que leurs inspirateurs Underdog n’ont jamais vraiment connu. Avec
quatre prix au Canada et un disque d’or, Arkells a prouvé qu’il y a encore une
place pour le rock ‘n’ Soul est le groupe le plus programmé sur certaines radio
canadiennes alt-rock.
Morning Report,
est chargé de l’interaction des guitares de Max Kerman et Mike DeAngelis. La bass
de Nick Dika, Anthony Carone aux claviers et drum de Tim Oxford terminent la
présentation.
L’album précédent, High Noon, a été
enregistré avec l’architecte indie-pop Tony Hoffer (Beck, M83) là, Arkells
retourne au studio de L.A. de Hoffer
pour un seul des titre Morning Report ;
un autre titre sera concocté avec le producteur Brian West, tandis que les morceaux
restants ont été répartis entre deux sessions à Toronto avec le vétéran Joe
Chiccarelli (The Strokes, My Morning Jacket) et Gus van Go
Morning Report est l’album le plus éclectique
de Arkells à ce jour. Kerman dit : «Beaucoup
de chansons sont de moi et des personnages dans ma vie, mes amis, ma famille,
ma fille». «Je trouve tous ces gens vraiment convaincant et j’aime écrire à
leur sujet ». Et un grand nombre de fois Arkells font des chansons sur ce
qui est arrivé la veille. Voilà pourquoi cet album s’est appelé Morning Report
Ce dernier disque reflète l’équilibre difficile de leur fin de jeunesse, à ce
moment transitoire parfois difficile où l’exubérance juvénile cède la place à
des crises du milieu de vie. Ce moment où tous vos amis commencent à se marier,
vos parents divorcent, et les relations longues atteignent leur point de
rupture.
Paris 1992, Porte de la Villette, zone entre Bd
Extérieurs et Périphérique. Là, les terminus des bus arrivant d’un côté de
Paris, et de l’autre d’Aubervilliers. Mais la nuit, sur cette sorte de no man’s
land, il y a des Algécos sans doute de la RATP, mais assez grands et surtout, désaffectés…
La nature ayant horreur du
vide, un squat s’installe dans cette friche : le Glaz Art est né…(il y eu
des périodes de fermeture mais re ouvert et largement amélioré aujourd’hui)
le Glaz Art s’est imposé par
son esprit défricheur, sa programmation osée et ses coups de projecteurs sur
des artistes en devenir.
On rencontre là une « super
nana » qui traîne dans ces lieux. Elle chante dans le métro et elle fait
alors ses débuts sur la scène de ce lieu atypique. Influencée P.J. Harvey, ou
Joni Mitchell…Brisa Roché, puisqu’il s’agit d’elle, forme pour quelque temps un
trio… disons, folk roots.
Sa carrière musicale actuelle
s’est forgée grâce à ses expériences dans la rue, ces salles underground et les
bars de jazz, Parisiens.
Mais Brisa Roché a
grandi sur les dunes de Californie, où elle suit son père écrivain en écoutant du
Rolling Stones et du blues. A l’âge de treize ans, Brisa chante dans une
chorale et part en voyage en Russie. Trois ans plus tard, elle est à Seattle
avec son père, en plein mouvement grunge.
L’idée d’un groupe à elle ne
la quitte plus ; elle passe des petites annonces et décide de se mettre au
jazz. Nouveaux voyages : Maroc, Nouveau-Mexique et à nouveau la France.
en 2005 Brisa Roché signe
avec le label Blue Note. Et son premier album, ‘The Chase’ est salué par la critique. Elle raconte « Etonnamment, je me suis mise à chanter des
vieux standards du jazz ; j’ai toujours été fascinée par la années 1940. Je
trouve l’histoire du jazz magique et je me suis rendue compte que je pouvais en
faire, sauf qu’aux Etats-Unis, il n’y a pas d’école de jazz. Là-bas, c’est un
truc de vieux mecs alcooliques. Comme j’avais perdu mon père à cause de
l’alcoolisme deux ans auparavant, c’était peut-être pour moi un moyen de le
retrouver. Il a fallu apprendre sur le tas. C’était intrigant mais le fait de
ne pas chanter mes compositions m’apportait une sorte de protection. »
Un peu à l’image de
Jean-Louis Murat qui a toujours trois albums sur le feu, Brisa Roché multiplie
les projets. Si son dernier album s’appelle Invisible 1, c’est qu’il y aura sans
doute un Invisible 2 et peut-être même un 3. Sur cet album, les treize titres très
différents les uns des autres, créent la surprise à chaque piste. L’intro au
clavecin de Night Bus cohabite avec les riffs de guitare électrique de Vinylize
ou la boîte à rythme qui constitue le fond sonore de Baby Come Over. Tout cela en
fait un album magnifique, qui parvient au gré toutes ces surprises à conserver
une belle unité. Quel style !
La
19e édition “des Nuits Du Sud” démarra par un mystère : Nous avons
connu Cock Robin il y a 30ans. Peter Kingsbery a pris 30ans, sa
musique n’a pas pris de rides et Anna
a perdu 5ans. Je ne comprends rien ! Mais peu importe. Zaz, avec une robe des plus improbables a mis le feu sur la
place du Grand Jardin remplie à ras bord
(9 000 personnes) ses hits du Paris du début du XXe siècle ont fait mouche
grâce à son énergie et sa bonne humeur.
Haarp sort juste du conservatoire, ça
s’entend. Ce sont des virtuoses. Bachar
Mar-Khalife fut long en bouche allant dans trop d’ambiances différentes
mais sur le final il inventa une techno à base de piano qui mit le feu, c’est
le Oai qu’ont mis les Massilia Sound Sytem.Ne
venez pas les voir pour entendre des douces mélodies mais venez pour l’ambiance
; le délire est autant présent sur scène que dans le public, une belle
communion.
Le
public se rajeunit pour Cris Cab ça
tombe bien, sa musique est une petite encyclopédie de la pop tant il pique à droite
à gauche pour créer son cocktail ensoleillé mais peut être un peu trop
sucré. Imany est douce et
charmante, nous tombons tous sous le charme de ses petites comptines douces
amères. Dommage seulement qu’il y ait tant de reprises, difficile de se faire
une idée de sa vraie personnalité. Lunatic
Souk porte bien son nom : ça change de style sur chaque morceau, mais toujours avec classe et bonne humeur.
Cock Robin
Le
blind Test pour Saodaj’ était quasiment
impossible. Je ne connaissais et donc ne reconnaissais aucun instrument
(des espèces d’arcs géants !) ; de plus j’aurais parié sur une chanteuse
africaine, alors qu’en fait c’était une grande blonde. Cela donne un groupe
mystérieux mais attachant. Grand Corps
Malade a confirmé qu’il était un grand conteur. Le slam se pratique
dans des petits lieux fermés et enfumés, on pouvait craindre que le spectacle
en plein air sur une grande scène soit difficile, il n’en fut rien, il a su créer une ambiance intimiste mettant parfaitement en valeur la qualité
époustouflante de ses textes. The
Christians propose une soul au air Irlandais, donc une musique qui a grandi
sous le vent. En hommage le vent était présent en force sur Vence. Oui mais il soufflait tellement fort que pour des raisons de sécurité ce concert
à du être malheureusement annulé.
Par
respect et solidarité envers les victimes du terrible attentat de Nice du 14 juillet les soirées Salvatore Adamo (15 Juillet) et Alpha Blondy (16 Juillet) furent
logiquement annulées. Le belge a écrit les filles du bord de mer, l’une des plus grandes chansons à boire
de tous les temps. Pour le reste ça fonctionne sur la nostalgie et la bonne
humeur. Quant à l’Ivoirien (que nous avions déjà vu a Vence 2009) il propose un
reggae basique et efficace.
Belle
découverte que The Angelcy qui
regarde vers le folk du début des années
70 tel Jethro Tull, Simon & Garfunkel ou Cat Steven. Bravo au programmateur pour
la prise de risque on adhère. Le duo franco cubain d’Ibeyi était le groupe que j’attendais le plus du festival. Bon
quand on attend beaucoup on est souvent un peu déçu ! Mais tout de même
reconnaissons l’immense talent des jumelles qui a deux habitent la scène comme
dix. Du pop rock tout ce qu’il y a de plus classique pour AaRON, ça fonctionne donc rien à dire, sauf peut être sur le
mauvais goût du Marcel du chanteur…
AaRON
Pas
de doute avec El Gato Negro nous
sommes bien aux Nuits Du Sud, du son latino, des instruments à vent, des pas de salsa, de la bonne humeur, tout le
décor est la. Dommage qu’à l’ exception du hit en puissance Vamo’ Negra les compositions manquent
d’épaisseur. Bob Sinclar et soudainement Vence se transforme en boite de nuit, sauf que moi je
suis claudicant sur un dance floor, bon fort heureusement ce n’est pas le cas
de la majorité du public, ce fut du début à la fin du set une explosion de
joie.
El Gato Negro
Uriel Herman Quartet
propose une musique d’ambiance parfaite pour un apéro de début de soirée entre
amis. Rien ne vous excitera et rien ne vous énervera. Retour de la diva Omara Portuondo à Vence, l’ancien
maire lui avait donné la médaille d’honneur de la ville, tant elle a apporté au
festival. Une fois encore avec ses rythmes cubains lents et mélodieux elle nous
a régalés. Dommage qu’elle joue plus
“à côte” qu’avec Diego
El Cigala, pas un regard partagé dans la soirée. Final en forme de cartoon
avec Faada Freddy technique irréprochable
ambiance du tonnerre.
Voila
c’est tout pour l’édition 2016 nous attendons déjà avec impatience
l’année prochaine pour une édition qui sera forcement exceptionnelle, puisque
ce sera déjà le 20e anniversaire du festival
Merci à l’équipe d’ Agora Côte d’Azur pour la confiance et la liberté et bien entendu, un immense merci à l’équipe de l’Oreille Qui Gratte (Gil Tau, Benoît Belasco, Laurane Melzer…) sans qui il me serait impossible de réaliser quoi que ce soit.
Notre web radio http://radio.loreillequigratte.com/ elle continue à fonctionner. Faites donc le plein de musique
pas comme les autres pendant l’été
Si à la rentrée vous souhaitez être invités pour une session acoustique,
vous pouvez déjà poser votre candidature auprès de Gil giltau@free.fr
Après l’album Haunted Head en
2013, voici le 7eme album de Kid Congo, l’inconnu et à la fois légendaire
Mexico-Californien
(Heureusement les parents du
Kid purent passer la frontière… Trump n’était qu’en culottes courtes et ne pensait
pas à ériger de mur, à cette époque)
Sans grosse notoriété, Kid
Congo fut « quand même » guitariste au sein des Cramps et joua également avec Nick Cave and the Bad Seeds. Rien que
ça !
Nous sommes dans les années 80’ : après avoir été président
du fan club des Ramones, à 20 ans, Brian Tristan (Kid Congo) fonde The Creeping Ritual, groupe qui devient The Gun Club. Puis Brian rejoint les Cramps.
Ce sont eux qui le baptisent Kid Congo Powers.
De 1983 à 1988 Il revient au
sein du Gun Club, mais il les re-quitte
pour intégrer alors Nick Cave and the Bad
Seeds à Berlin. Là, Il participe, excusez du peu, aux 5e et 6e
albums et plusieurs tournées de Nick Cave
Finalement à la fin des
années 1990 il se lance dans une carrière solo
Kid Congo
est atypique ! Ce dernier album au titre en espagnol (comme son premier) La Araña Es La Vida est autoproduit
et a été enregistré dans la salle de sport d’un lycée. Mais il a choisi un label
bien cool pour distribuer cet album : « In The Red Records » (Thee Oh Sees, Black Lips, Jay Reatard, etc.
La Araña Es La Vida fait un bien fou à écouter… Mais que raconte donc ce
disque ? C’est une « ode à la grande déesse
femme-araignée de Téoticuhan, connue pour provoquer des érections matinales
hallucinogènes et protéger des enfers ». Sacré programme !
Un peu de culture : Téoticuhan était la plus grande ville du
Mexique il y a 2000 ans (période Maya)
Sur ce disque si on trouve quelques
titres instrumentaux, style surf music mais bien arrosé de téquila quand même !
Il y a surtout de l’excellent rock garage où l’on retrouve bien toutes les
influences du Mexicanos, avec une voix qui n’est pas sans rappeler certaines autres
et que je vous laisse deviner.
Notons que la pochette du
vinyle est bien plus belle de celle du CD. Les 10 titres de l’album se
dégustent comme autant de Tortillas bien épicés. J’ai pris un énorme plaisir à
écouter ce très bon disque rock où le Kid fait merveille.
Enfin, j’avoue avoir écouté
l’album plusieurs fois le matin et pour le côté hallucinogène et les enfers :
j’ai rien noté de particulier à mon réveil ! ! !
C’est Fabio Giberti qui se
cache derrière Kaos Karma et qui donne un nom à sa musique : blues électroïde. On
a bien une idée sur les raisons du nom de Kaos Karma, mais c’est surtout en
écho à Kerouac et ses obsessions et, bien sûr, l’allitération en K qui plaisait
à Fabio.
Adolescent, il a lu Kerouac, et
c’est le fil rouge de cet album. Il s’est attaché à adapter des textes issus de Mexico City Blues un recueil de
poèmes sombres et très libres, influencés par le jazz.
De toute façon, ce que fait Fabio
d’ordinaire, même en dehors de lire Kerouac, est toujours un peu sombre
Si Kerouac tourne autour de la dope, du sexe, du
désenchantement, Link Wray et Jim Morrison t’ont influencé également,
non ?
Oui mais Pas seulement, j’avais
en permanence Vega et Christophe à l’esprit pendant l’enregistrement. Avec Pits, j’ai remixé et masterisé l’album,
il a apporté des idées très précieuses.
Pits bosse entre autres avec
les Dum Dum Boys. Baldu, autre membre des Dum Dum Boys et Pascal D’Oriano, le
batteur, sont des potes.
Pits est ingénieur du son, il
s’occupe souvent de mixer et masteriser les Dum Dum Boys.
Link Wray,
c’est surtout sa guitare qui est présente chez moi. Pour Morrison, oui, j’ai tellement écouté les Doors…Alors…
Tu as tout fait tout seul dans ton home-studio ? Effectivement, les guitares, les
voix, les basses, jouées à la guitare et bidouillées ensuite. D’habitude je
pose une vraie basse, mais ici je cherchais une unité de son
L’album sort en vinyle… Oui, à l’ancienne ! Face A, face
B…Sur Ki-mono Records.
Ce label a été monté par un ami de Cannes
Phil Vernay (ndlr : il a participé à
l’oreille qui gratte). Il joue dans un groupe appelé Motel. C’est un groupe de Paris. Ils en sont à trois albums.
Quelles sont tes autres références musicales ? Tout le catalogue Sun. Le blues, le
vrai. Pas la tambouille pour « club de bridge, façon Clapton ». La
pop anglaise des sixties, la country, des Dixon Brothers à Ry Cooder, Cale,
Nico, Beefheart… Je m’arrête là, sinon j’y passe la nuit !
La fin de la parution de Magic est pour moi la fin de toute une époque.
Je suis abonné à ce magazine quasiment depuis son premier numéro, car
j’ai tout de suite accroché sur son esprit fanzine, ses partis pris, sa
maquette épurée et bien sur ses choix musicaux. Ce magazine m’avait
fait délaisser les trop politisés Inrockuptibles et je dois avouer que
je me sens aujourd’hui un peu orphelin
Les Parquet Courts sont américains, mélange cool et condensé de tout
ce que le rock indépendant ricain nous a donné depuis plusieurs décennies, de Pavement bien sûr à Sonic Youth. On ajoutera aussi une pointe de Television sans oublier une pincée de Velvet Underground bien sûr.
On avait déjà craqué sur ce quatuor
de Brooklyn (Austin Brown, Andrew et Max
Savage et Sean Yeaton), leurs prestations scéniques volcaniques, leur
discographie impeccable et une progression constante, nous faisait espérer
encore mieux et c’est fait grâce à ce tout à fait excellent, Human Performance.
Leurs précédents albums très
remarqués contenaient déjà des pépites de rock indé… mais nous espérions encore
mieux ! Et ça y est, il est là, sorti sur le label Rough Trade, le
super 5eme album génial et foutraque comme on aime.
Parce que Savage et Brown
sont des auteurs de talent, quelques chansons atteignent les must en matière de
rock indé.
Les chansons ? Parlons-en :
De Dust
à l’accrocheuse Human Performance, l’explosive Paraphrased, la lancinante Two
Dead Cops, tout est excellent !
Mais, la pièce de résistance
est sans conteste One Man, No City dont les riffs de guitare évoquent Run Run Run d’un certain Lou Reed du Velvet
Il y aura une lute serrée
pour le disque de l’année àl’OQG, Parquet
Courts nous donne là son meilleur disque, sexy et noir, aux arrangements
nickels et bien moins simpliste qu’il n’y parait.
Human Performance est désormais l’album le plus ambitieux de Parquet Courts : une œuvre jouissive,
nous avons adoré ! C’est également leur album le plus accessible.
Trêve de bavardage achetez
cet album et voyez les clips, vous ne serez pas déçus
Si la pop française peut
paraître parfois un peu chichiteuse, ce n’est clairement pas le cas avec Dinno
Dinno sort
de sa montagne lozérienne pour composer une pop ensoleillée, baroque et
paysanne. On dit que l’élan dadaïste de Léo Lacan et Mathieu Teissier, les deux têtes pensantes de ce projet, affranchit
les instruments de toute hiérarchie : là, le son d’un quatuor à cordes,
ici le charme d’un synthé à pile, plus loin, les cordes pincées d’un clavecin,
pendant qu’une guitare folk joue en compagnie d’un Mellotron. On trouve même de
petites flûtes hippies…Je vous le disais, il y a de tout ! On sent
d’ailleurs leur amour pour tous ces instruments vintage
Réalisé à la maison avec les
moyens du bord, leur premier EP paru sur le label Music Unit le 14 mars, dévoile un univers singulier aux résonances
psychédéliques avec leur duo de voix tout à fait « Beatles »
Cette pop baroque du duo à la
force de nous plonger, grâce aux instruments, dans l’insouciance des 70′s et
ses musiques psychés.
Frais et musicalement riche, de
belles découvertes comme celles là, on en redemande.
Avec son autorisation, j’ai piqué ces quelques lignes à mon ami Jean Michel Spagnol pour rendre hommage à Hubert Mounier (l’ex chanteur de l’Affaire Louis’ Trio).
Je suis vraiment triste, ce bonhomme était profondément attachant et avait trouvé la formule magique pour écrire des pop song parfaites.
Hubert écrivait des chansons et dessinait des petits personnages en noir et blanc. Hubert postait des images de martiens, de pin ups ou de vieilles bd, Hubert reprenait ses anciennes chansons à la guitare devant une webcam comme un adolescent qu’il était resté Hubert avait écrit quelques unes des plus belles chansons qu’il m’ait été donné d’entendre, il m’avait redonné envie de refaire de la musique avec son premier album solo et il avait eu la gentillesse d’écouter mes maquettes de la Constante, et l’album une fois fini en me précisant sa chanson préférée. Hubert c’était un peu l’enfant des Beatles et de XTC qui aurait décidé de commencer sa carrière comme une farce avant de devenir plus grave, plus adulte. Ce matin Hubert est mort, il avait mon âge et au delà du chanteur c’est tout un pan de ma vie qui part
“ autant se dire adieu avant qu’on soit trop vieux ….”
Bon voyage l’ami, vous allez pouvoir faire un sacré boeuf avec Francois Lebleu en contemplant à la fois cette “ chic planète ” et “ la « ue sur la mer ”
Jeudi 21 avril 2016, 18h30 ; la journée de boulot a été bonne. Après une bonne session bien productive je sors m’acheter des clopes et une baguette histoire de m’aérer un peu le museau. Dehors le printemps est bien installé, il fait doux, tout est serein.
Perdu dans mes pensées, je sens à peine la vibration qui agite le fond de ma poche ; un premier SMS. – « Putain, Prince serait mort… confirmation par l’impresario… tu as des infos ? »
Le temps d’une réponse peu ou prou rassurante (je le savais hospitalisé – une vilaine grippe), tout s’accélère, messages sur messages… -« Ho bah non, décès de Prince… 57 ans. »
-« Sad, sad year »
-« Une pensée pour mon petit Loïc, dur ! »
-« J’espère que la nouvelle a pas trop de mal à passer, des bisous »
-« Prince est mort ? »
Okay, HEY ! Je suis pas agent d’artiste ! (de « l’Artiste ») … et en plus toutes vos vibrations commencent à me refiler le tracsir. J’accélère le pas pour rentrer tracer les sources d’informations. Il se peut que cela soit un vilain hoax. Vite.
Google > Prince / death… les infos arrivent, principalement relayées par TMZ.
On aurait retrouvé un corps à Paisley Park (studio d’enregistrement et résidence de Prince), mais le shérif du comté ne confirme pas encore l’identité de la victime. NE CONFIRME PAS ENCORE ! Soulagement ; malgré une petite voix funeste, insidieuse et persistante, ce n’est peut-être pas lui.
Et là… tweet fatal. Anna Meachan, son agent signe l’atroce nouvelle. « C’est avec une profonde tristesse que je confirme que cet emblématique artiste de légende, Prince Rogers Nelson est mort ».
Implosion, hébétude, silence.
Back in the days
Amsterdam, juillet 1984, un adolescent de douze ans assommé par la chaleur et l’ennui d’une estivalité en terre étrangère, fusionellement vautré au fond d’un canapé en cuir marron, découvre avec avidité les joies de la toute jeune chaine musicale MTV. Pendant des heures les clips s’enchainent ; Wham, Cindy Lauper, ZZ Top, Gary Glitter, Alice Cooper, Madonna… Soudain un rif de guitare assassin déchire le brouhaha pop ambiant. A l’écran les images d’un jeune éphèbe afro-américain, outrageusement lascif au fond de sa baignoire d’où il apparait nu, envoie une pléiade d’œillades suggestives qui en disent long sur ses intentions. Le titre s’affiche, Prince – When doves Cry ; ma vie vient de changer, pour toujours.
When we were fans
Dans les années 80 en plein cœur de la mouvance new wave/cold wave/post punk – au trou du cul provincial et culturel du sud de la France – être fan d’un artiste aussi atypique que le kid signifiait souvent solitude et incompréhension. Que de quolibets entendis-je à l’époque sur le son, l’attitude et la sexualité (présupposée contre nature) de celui que j’idolâtrais alors. Les noms d’oiseaux volaient bas, à son endroit comme au mien, même si plus ou moins unanimement les détracteurs devaient bien reconnaitre qu’il y avait bien « quelque chose » qui se passait avec ce nain-là.
Solitude donc, jusqu’au jour ou – au détour d’un camp d’ado’ – je rencontrais enfin un coreligionnaire ; nous avions trouvés chacun en l’autre le support essentiel au développement de notre passion musicale commune. A partir de là les choses se sont salement accélérées, en lien avec le fan club de Paris nous avions trouvé le moyen d’accéder au catalogue Français de tous les bootleg et autres produits « non officiels » du Kid. Je garde en mémoire ce moment où j’ai reçu MA copie sur cassette du légendaire Black Album qui était elle-même copié sur une cassette copié sur le vinyle… pirate forcément. Etre fan à l’époque, ça se méritait.
Idole
Parce que forcément, Prince était une idole, une vraie. Pas une icône préfabriquée à la façon Stock Aitken Waterman (Rick Astley, souvenez-vous…). Non. A l’instar de David Bowie et de ses multiples personnalités, Prince multipliait son personnage à chaque album à grand renforts d’une garde-robe à chaque fois repensée et d’excentricités capilaires à géométries variables (notons au passage que Prince commencera et finira sa carrière en mode « coupe afro »).
On gardera en mémoire la période « mini slip, mini cuir mais il fait le maximum » de Dirty Mind, la période pourpre de l’inénarrable « Purple Rain », la période jazzy dans le feutré façon cotton club de « Parade » (oui, l’album de « Kiss » et de « Girls & Boys » qui vaut surtout pour tous les autres titres aussi hautement inspirés qu’expérimentaux) … la liste est encore longue, période « Sign o’ the times », « Lovesexy »…
Heros
« Ils nous vendent des idoles, nous voulons des héros » chantait Michel Cloup au sein d’ « EXPérience » et à cet endroit, Prince n’était pas qu’une idole, c’était aussi un Héros. En première lecture « Guitar Hero » bien sûr, tant son talent à manier le manche était indéniable (bien qu’il ait toujours eu tendance à considérer que son jeu pouvait toujours s’améliorer ; allez jeter un œil à ce lien – vers 3.30mn – pour vous en convaincre > https://youtu.be/6SFNW5F8K9Y), mais aussi Héros musical dans un sens radicalement plus large. Imaginez que sa légende raconte que le bonhomme était capable de jouer de tous les instruments (j’ai dit tous) pour les besoins de ses compositions. Talent, travail, génie créatif… si la définition du Héros inclut ne serait-ce que partiellement l’inspiration que ce dernier est capable d’insuffler à tous ceux qui pourraient croiser son chemin artistique alors Prince est à ranger sur les plus hautes marches de l’Olympe musicale.
Comment ça j’en fais des tonnes ?! Bah quoi, j’suis fan, enfin… ex fan, en mode repenti nostalgique.
Pourri
Parce que soyons clair, si Prince était éminemment prolifique l’ensemble de son travail n’est pas fait que de chefs d’œuvres, loin s’en faut. C’est là le prix à payer lorsque l’on dispose d’un trop plein d’inspiration (c’est arrivé à d’autres, David Bowie – encore – en tête). Nous entrons là dans l’Age noir de la production Princière. A l’aube des années 90 Warner sentira venir le coup et cherchera à restreindre le Kid à une seule sortie par année, chose insupportable pour celui qui ira jusqu’à abandonner son patronyme contractuel en se contentant de distribuer des fonds de tiroir jusqu’à terme (« The Vault.. old friends for sale » entre autres).
Old friends
A l’heure de l’insupportable nouvelle je ne peux, aujourd’hui que penser à tous ceux qui ont été part active de cette « famille » Princière (par souci de « contrôle de la concurrence », Prince écrivait la musique de quasiment tous ses proches musicaux), Wendy Melvoin, Lisa Coleman, Dr Fink, Eric Leeds, Sheila E, Morris Day, Jerome Benton, Maceo Parker, George Clinton… (Putain, ils sont si nombreux) et à la façon dont ils doivent la recevoir. 57 ans putain ; c’est vraiment pas un âge pour passer l’arme à gauche lorsque l’on représente un tel potentiel.
Jehovah
Car que les choses soient très claires, si le nain a tiré sa révérence si tôt ce n’est assurément pas que le fait d’une vilaine grippe. Soyons sérieux. Mourir d’une grippe ? En 2016 ?! Même si le gars préfère se défoncer au piano + microphone tous les soirs plutôt que de rester au plume à se soigner à grands coups de grog… non ça ne colle pas. Dites-moi plutôt que le machin a dégénéré et qu’une fois à l’hosto’ face à des possibilités d’injections et ou de prise de sang le gars Roger a préféré mettre en avant ses convictions religieuses (c’est dieu qui décide) plutôt que son bon sens. Hm, okay, okay… le seul avantage que je peux voir à la chose c’est que de son côté la team paradis ils va enfin avoir un showman correct (si l’on considère que tout ce qui respecte un peu en terme de qualité musicale est déjà en train de faire un bœuf de tous les diables au sous-sol).
« Sometimes it snows in april » donc… vilaine prophétie ; ne m’en veuillez donc pas si en la circonstance je préfère me rappeler que « life is a party, and parties weren’t meant to last ».
Ah oui, si vous vous posez encore la question du titre, apprenez que s’il est communément admis qu’il était universellement doué pour la musique, il n’en reste pas moins vrai qu’à son adolescence le Kid de Minneapolis était aussi doué pour le sport. Basketball. Ne riez pas. Richard Robinson, son coach de l’époque, cite à son endroit « Prince était un excellent joueur ; il était excellent un ballon entre les mains, bon tireur malgré sa petite taille ../.. il aurait pu commencer une carrière… ». Ironie du sort, c’est le fait de n’avoir pu faire carrière dans le sport qui le mènera à la carrière musicale qu’on lui connait.
« Si je ne peux pas devenir le plus grand basketteur de tous les temps, je deviendrais le plus grand musicien de tous les temps. »