Benjamin Biolay : Le Mas des Escaravatiers

Hier soir, j’ai vu Benjamin Biolay.

Et il m’a demandé comment allait ma peine.

Sur le coup, j’ai été surpris. Comment le savait-il ? Qui lui avait raconté ? Et puis, en y réfléchissant, cela m’a paru parfaitement naturel. Depuis qu’il nous a invités, en 2000, à nous asseoir sur un banc, à regarder passer les saisons et à faire voler des cerfs-volants, nous n’avons plus vraiment de secrets l’un pour l’autre.

On se retrouve tous les deux ou trois ans. D’abord autour d’un nouvel album, sorte de carnet intime ou de carnet de voyage mis en musique. Puis autour d’un concert.

L’endroit que nous préférons pour ces retrouvailles, c’est le Mas des Escaravatiers, à Puget-sur-Argens. Ce festival ne ressemble à aucun autre. On y a l’impression d’être chez des amis. Comme si, après un barbecue arrosé d’un verre de rosé, quelqu’un lançait : « Et si on faisait un concert ? » Alors les guitares sortent de leurs étuis et la musique envahit les vignes.

Hier soir, Benjamin avait choisi la formule rock. Exit la bossa-nova des dernières tournées. Place aux guitares électriques et à une succession de chansons que l’on connaît presque par cœur. Hit après hit, il a déroulé un répertoire impressionnant.

Autour de lui, on remarquait surtout deux multi-instrumentistes remarquables, passant du violon au saxophone, du clavier aux chœurs. Elles apportaient également la réplique sur Brandt Rhapsodie, reprenant avec talent le rôle jadis tenu par Jeanne Cherhal.

Biolay était en grande forme. Il a quelque peu délaissé son dernier album, Le Disque bleu, pour revenir à ses classiques : Ton Héritage, À l’origine, Padam, Écran total, Comme une voiture volée et bien d’autres.

Avant lui, la douce Marie Colombera avait ouvert la soirée avec une élégance toute en délicatesse. Une forme de bossa nova teintée de chanson française qui évoquait parfois une Françoise Hardy partie rêver du côté de Rio.

Ah oui… J’ai répondu à Benjamin qu’il faudrait apprendre à vivre avec ça.

Mais nous aurons l’occasion d’en reparler les 29 et 30 novembre prochains, lorsque nous nous reverrons à Antibes pour ses concerts à Anthéa.

D’ici là, je vais retrouver beaucoup d’autres amis au Mas des Escaravatiers : Meute, Feu! Chatterton, Ibrahim Maalouf, The Avener, Gaëtan Roussel, Julien Clerc, Suzane…

L’été ne fait que commencer.

Simon Pégurier

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