Vous connaissiez le folk-blues de Nick Drake et aussi un certain Nick Cave, dandy-rock légendaire…mais Nick Prizu, ça vous dit quelque chose ?
Présentations : c’est le chanteur d’un groupe du même nom, Nick Prizu, qui furent les chouchoux de la French Riviera pendant leur courte carrière, sont présentés comme les fils illégitimes des Panther Burns et des Delmonas, mais qui auraient été produits par un Alex Chilton drogué, entre les sauvages années 50 et les déjantées 60’s.
Leurs concerts mémorables oscillaient entre chaos et génie, absurdité et passion. Ils ont eu le temps, avant la mort prématurée de leur chanteur d’enregistrer cet unique témoignage de leur folie et de tourner un film Super 8 (le mythique « Tequila »). Nick Prizu, n’a gravé aucune galette, juste une bande 8-pistes et aujourd’hui le monde entier peut enfin, entendre cet enregistrement incroyable, grâce à Didier Balducci et Mono Tone Records : Un vinyle de Nick Prizu dans toute leur flamboyance et leur férocité rock’n’roll ! (d’ailleurs, essayez ce nom à l’envers pour juger, en plus, de leur humour)
Un fan rapporte : « J’ai vu mon premier concert de Nick Prizu en juin 89, lors d’un concert à la fac de science de Nice. Nick Prizu était un groupe « variable » – les musiciens changeaient souvent car tout le monde voulait jouer avec Nick! Ainsi on a pu trouver des gens comme Bratch et Baldu des Dum Dum Boys par exemple ». Le répertoire de Nick était essentiellement composé de reprises : « King Of Surf Guitar », « Poison Ivy », « Rock&Roll Tango », « Blue Velvet » etc.
Mais qui est donc ce Legendary Tiger Man : c’est du côté de la péninsule Ibérique, la Lusitanie exactement, que vient Paulo Furtado dont le très bon groupe Wraygunn est en sommeil actuellement – Paulo, c’est 4 ou5 albums et en live avec son « installation » de one-man-blues-band siglé Gretsch de la tête aux pieds (guitare, harmonica et batterie). En 2010 Paulo a commis un disque entier de duos, nommé Femina.
On y trouvait des personnalités de la chanson : Phoebe Killdeer (l’australienne d’Antibes – the Avener, Nouvelle Vague), Becky Lee, (USA, one-woman-blues-band, elle aussi) Cibelle, l’anglo-brésilienne ex mannequin, Lisa Kekaula « fille cachée» de Tina Turner ou Aretha Franklin, et Peaches (glam-punk sexuelle)
Et aussi des personnalités du cinéma, les actrices Maria de Medeiros , Asia Argento, Rita Redshoes , Mafalda Nascimento, piquante violoncelliste brune et Claudia Efe, qui prétend que Dieu se cache sous sa chemise… Pas fou le mec !
The Legendary Tiger Man ne chantait là qu’avec les plus belles « sachant chanter » qu’il ait pu rencontrer. Pour tous ceux que les voix féminines envoûtent, Femina est donc le voyage dans le rock sensuel.
Bon, là, en 2018 pour son sixième album, Paulo le Portugais tourne un peu le dos à sa formule minimale originelle de one-man-band, pour développer un concept-album (accompagné d’un film tourné en Super 8 et 35 mm) ayant pour personnage central un marginal (Misfit) déterminé à aller disparaître dans le désert californien et la Vallée de la Mort.
Cet album à été enregistré au Rancho de La Luna par Dave Catching (de Eagles Of Death Metal). Ce studio est construit dans le désert, à Joshua Tree et est connu aussi pour être le repaire des Queens of the Stone Age.
Les onze compositions ont été enregistrées avec un batteur et un saxophoniste – L’album a ensuite été peaufiné à Paris, avec l’aide du producteur français Johnny Hostile (Savages) qui s’est chargé d’y apporter sa touche européenne. Tous ces éléments procurent à l’album une identité singulière, qui finalement revient toujours aux fondamentaux du rock n’roll. Le résultat est à la hauteur de l’ambition avec des morceaux puissants et habités d’une pulsation rock’n’roll brûlante – Ce disque m’évoqué la rudesse d’un Iggy Pop ; le blues dans ce qu’il a de plus brut ; ou les BO d’Ennio Morricone. Un vrai feu musical dans lequel les guitares aux sonorités « noisy » sont omniprésentes et où « Paulo le Portugais », montre qu’il a tout compris de la musique anglo-saxone.
Mais qu’est-ce qu’ils ont bouffé ces jeunots ? Je veux parler là, des Jake Bugg (GB) Trevor Sensor (USA) et autres post- ados géniaux qui feraient passer Ty Segall pour un vieux avec ses 30 piges…
A la fin des années 1970, lorsque l’ouragan punk soufflait encore outre-manche, en faisant passer le Channel à des albums
secs, nerveux, rageurs et enflammés (comme ce Songs of praise),étaient monnaie courante. Alors admettons que le rock soit ; sinon mort ; du moins assez marqué XXe siècle et qu’il peine à affirmer aujourd’hui sa pertinence entre le hip-hop et les musiques électroniques, qui définissent la bande-son actuelle.
Lors des concerts de Shame, on repense à Blur, the Clash, Wire, The Fall qui s’entrechoquent allègrement, et, miraculeusement, Charlie Steen, le charismatique chanteur hurleur, et ses jeunes compagnons ne perdent rien de leur énergie entre la scène et le studio. Mieux, ils confirment qu’ils possèdent déjà un répertoire de chansons mémorables (le tonitruant Concrete, l’entêtant One Rizzla) et s’autorisant à varier les tempos (Dans l’envoûtant Angie final) dans un esprit qui rappelle un peu Stones Roses.
Charlie Steen dit : dans l’introduction de « On Rizla » :
« My nails ain’t manicured
My voice ain’t the best you’ve heard
And you can choose to hate my words
But do I give a fuck »
“J’ai pas les ongles manucurés.
J’ai les poches vides et des chaussures trouées.
Ma voix n’est pas la meilleure que vous entendrez.
Mais j’en ai rien à foutre »
Ils sont l’inverse de ce que leur nom pourrait suggérer : avec Shame, c’est tout sauf de la honte. Jeunes, arrogants,
facétieux, sombres, adorables, sans limites, les cinq Londoniens sont tout ça à la fois.
L’album ? dix morceaux et 38 minutes, dont ils disent :
« De plus en plus de producteurs viennent de l’electro et ne sont pas à l’aise avec groupes à guitares. Leur façon d’enregistrer un disque est, mine de rien, assez figée et pas adaptée à une musique comme la nôtre. Nous sommes obsédés par le son de la basse, par la batterie, par l’espace qui doit être laissé à chaque instrument. Nous enregistrer, c’est avoir Joy division et Television pour références ».
S’ils peuvent être les héritiers du Punk, Shame signe surtout un album de leur temps, et de leur âge… Songs Of Praise est une collection de moments saisis sur le fil et une succession de sentiments à peine cachés. Shame a imposé sa griffe au cours de
prestations scéniques aussi intenses que déraisonnablement fréquentes (130 dates en 2017),
Shame qui a été adoubé pour ses performances live avant de faire un détour en studio, nous délivrent donc indubitablement un des grands disques de 2018. Songs of Praise est un cantique, une ode au rock à guitares, mais repensant ses hymnes, son style et ses icônes.
Que dire sur « le » Ty Segall 2018 ? Je pourrais céder à la facilité et parler de bon millésime, de bon cru et retracer l’ensemble de sa discographie, le qualifier d’artiste boulimique, préciser qu’il donne dans le rock garage et hop le tour serait joué ! Et oui, presque tout a été raconté en long, en large et en travers et tous les magazines spécialisé y vont de leur petite chronique dithyrambique à chaque sortie d’album.
Pourtant, pour ceux qui le suivent, et l’attendent comme un Noel rock chaque année, Ty Segall revient avec son nouvel album. Et la même question se repose à chaque fois depuis dix ans : faut-il encore y croire ? Et cette fois encore la foi revient, grâce à ce Freedom’s Goblin. Ty évoque même la musique comme une religion, où les disques sont des bibles et les concerts des messes.
Attaquant par un morceau toutes guitares dehors avec “Fanny Dog“, l’affaire reprendrait presque là où Manipulator (2017) les avait laissées. Et puis “Rain” nous prend par surprise avec un titre mélo aux accents épiques. On savait le bonhomme fasciné par les films d’épouvante et l’existentialisme, on le découvre ici disco, rejouant sans le dénaturer Everyone’s a Winner de Hot
Chocolate. Et enfonce le clou avec Despoiler Cadaver. Un groove à porter des pattes d’éph.
Gonflé à bloc par sa première collaboration avec Steve Albini dans le précédent opus, qui enregistre la moitié des morceaux de l’album 2018, Segall fait pleurer de lourdes guitares, alterne le gras, le sec, surprend tout au long des 19 titres, façon disco (on en a parlé) mais aussi du bon vieux rock old school – du Beatles aussi avec my lady’s on fire entre autres. Il se fait zeppelinesque dans She – Un panel extraordinaire !
Alors que beaucoup n’écoutent plus autrement que par listes et affinités sur les plates- formes, Ty Segall réalise une série de flashes qui nous égare parfois, mais qu’il faut avaler d’un trait. Ah…par ici, une inflexion sixties, et puis là un retour nineties, tiens là métaleux et là encore, comment ne pas entendre un retour au glam rock… Relectures, enluminures, arrangements et on terminera en apothéose par un morceau de 12 minutes
A force de multiplier les efforts, il est admirable que le bonhomme ne sombre pas dans l’auto-référence ou dans le pillage intempestif de ses héros., Ty Segall réussit encore ici à nous intriguer, nous ravir, nous captiver.
Dans une époque où le format album est sans cesse évoqué comme « as been », sortir un presque double album ne se fait pas sans une certaine idée de la liberté
Skyers est la dernière signature du label Toulonnais Toolong Records. Mais pour la première fois, c’est le parisien (de Toulon, quand même) Julien Cortes qui prend les commandes d’une nouvelle aventure qui lui tient à cœur : Skyers, de l’indie-rock chaleureux et dynamique.
Derrière ce projet, Julien Cortes, a déjà officié avec quelques groupes, dont Elista, Erevan Tusk… Le premier album
du projet Skyers vient de sortir, et le titre inaugural On Your Own a été joliment filmé lors d’une session à Toulon. Cette prise acoustique est très sobre, délicate, comme peut l’être tout l’album.
C’est à la rentrée 2016 que Skyers a commencé à se faire une place sur quelques blogs. Avec le titre « Kristin »,
Julien Cortes, nous régala avec un premier single accrocheur. Il a décidé de s’exprimer sur ces onze nouveaux titres lumineux et efficaces, à commencer par « The Walls » faisant frémir les éternels nostalgiques des années 1990, le titre « Back » plutôt genre coldwave ou même « Mountain Of Sound » bien accrocheur.
Skyers flirte avec le meilleur du rock indé US. Sur le premier album de ces Skyers (habitants du ciel), les guitares entêtantes et
la voix profonde font mouche et invitent au voyage.
Les influences revendiquées : The National, Guided by Voices, Sebahdo … Sur scène, Julien Cortès est accompagné de Jim et de leurs instruments.
Je pense que Skyers va faire du bruit dans le paysage rock indé français. Le toulonnais possède énormément d’idées et d’inspirations pour nous offrir ce premier disque abouti, et passionné.
Dès 1983,
son Cargo de nuit vogua sur la pop française. Filmé par Jean-Baptiste Mondino, le clip de ce gigantesque tube s’imposa au delà nos frontières hexagonales…Puis un album qui ne marche pas, et à nouveau le succès en 1992 Éteins la lumière qui le remet au goût du jour, avant un nouvel oubli…Puis un autre retour tonitruant en 2000 avec À ma place, en duo avec Zazie qui se
vend à 600 000 exemplaires.
Ces incessants hauts et bas lui ont appris à se méfier de la popularité. Ils ont aussi, sans doute, éveillé son besoin de
s’impliquer à tous les niveaux, y compris la promotion. Invitant Gérard Manset ou Jean-Louis Aubert, Miossec et tant d’autres dans ses productions.
Il y a peu il sortait un album autoproduit très rock n’ roll “Live au studio Ferber” et comme il ne veut plus entendre parler des circuits de production ordinaires il le diffuse… Uniquement sur internet, à acheter et écouter sur Deezer ou Spotify
Ou
l’histoire d’un des meilleurs groupes de rock français actuel – Avec un premier album en 2010, mais longtemps méconnus en France, The Liminanas décolait fin 2016 avec Malamore, album plutôt electro, enregistré à la maison, à Cabestany dans les environs de Perpignan. Lionel et Marie Limiñana ont vu leur carrière démarrer sous le soleil de ce petit village catalan pourtant pas vraiment rock ‘n’ roll : Un citronnier sur la terrasse mais des guitares plein la cave transformée en studio… Ce premier succès, et puis on les avait applaudis en 2017 au Grimaldi Forum de Monaco lors des Thursday live sessions, où ils ont fait une prestation enthousiasmante et très très rock.
Ils sont maintenant « reconnus » surtout depuis leur signature avec le label Because (Christine and the Queens,
Charlotte Gainsbourg…).
Là, ils récidivent en 2018 avec “Shadow People” bien plus rock que Malamore. Pour l’enregistrer, The Limiñanas se sont rendus dans le studio berlinois d’Anton Newcombe. Vous savez ; le leader américain de The Brian Jonestown Massacre. Une rencontre féconde !
« On a débarqué chez Newcombe vers minuit. Une nana qui s’appelle Andrea Wright, ingé-son, (Echo & the Bunnymen , Black Sabbath…) nous a ouvert. Je pensais qu’on allait boire un coup et filer au pieu, mais pas du tout, on a commencé illico à monter quelques bouts de demos.”
Mais aussi ; déjà présent sur Malamore, la basse de Peter Hook (Joy Division) – dont ils sont fan – est présente, sur le titre The Gift. Dans les featuring on retrouve également les voix de Bertrand Belin ou Emmanuelle Seigner.
Hyperactifs. The Liminanas, qui démarrent toujours les enregistrements chez eux, sont friands de l’apport de grands noms du spectacle. «Je préfère laisser quelqu’un intervenir librement dans notre musique. Et puis on ne demande pas ça à n’importe qui».
Parole de fin à Lionel : « Pour le prochain album, comme il y a toujours une thématique ; là, ce sera une espèce de photographie de la période où on s’est rencontré avec Marie, au lycée ; ça parlera de cette période-là, des gens qu’on y croisait, des bandes qu’on pouvait rencontrer dans les années 90 : des mods, des skins, des hard-rockers, des hippies. Donc il y aura des morceaux sur ce sujet, je ne sais pas pourquoi on s’est mis à écrire là-dessus… ».
On a hâte !
Et en attendant, nous vous conseillons vivement cet excellent disque qui vient de sortir.
Avec Amor Fati, Bertrand Cantat signe son premier album sous son propre nom. Mais le retour de l’ex-chanteur de Noir Désir nous renvoie toujours à sa condamnation pour le meurtre de sa compagne, Marie Trintignant. Cette chronique de l’album relève donc de l’exercice d’équilibriste, d’autant plus que l’artiste y règle des comptes…
Des faits
15 ans après son crime, le retour de Cantat dans la lumière, est-il possible ? L’avalanche de mentions « Bertrand Cantat » sur les sites féministes (parfois misandres) des réseaux sociaux, qui réécrivent l’histoire en affirmant des choses approximatives voire erronée ; est finalement bien exaspérante.
Condamné à huit ans de prison pour « coups ayant entrainé la mort », à Vilnius, en 2003. La condamnation était proportionnée aux actes et conforme à la jurisprudence.
Selon le ministère de l’Intérieur, chaque année 160 personnes sont tuées par leur partenaire, 130 femmes et 30 hommes. Dans la plupart des cas, le meurtre est commis dans un contexte de séparation, et après une longue histoire de violences.
La prison c’est la sanction pour le condamné et la protection de la société. Il est prévu la nécessité de préparer la réinsertion de la personne détenue, afin de prévenir de nouvelles infractions. (ça c’est la loi..)
Bertrand Cantat, selon la formule consacrée, a “payé sa dette”, et il a aujourd’hui les mêmes droits que n’importe quel citoyen (c’est aussi la loi). Dans le cas présent, la question posée est donc de savoir s’il peut revendiquer un droit à l’oubli.
L’album Amor Fati
Après l’aventure Détroit (en 2013), Bertrand Cantat revient fin 2017, pour la première fois en solo. L’ancien chanteur de Noir Désir poursuit sa route avec intensité, gravité et tristesse.
Dans l’ex propriété de Nino Ferrer, La Taillade, dans le Lot. Les mots simplicité, « force » « profondeur » «apaisement »s’appliquent aux chansons que Bertrand a enregistré là, un quart de siècle plus tard, dans une dépendance que le fils de Nino, Arthur, a transformé en studio d’enregistrement.
Entouré de fidèles, dont Pascal Humbert et le producteur Bruno Green, il enregistre ce premier album solo. Un voyage introspectif.
Comme à son habitude, le chanteur de Noir Désir n’hésite pas à exprimer ses opinions politiques dans ses chansons. Après sa célèbre critique acerbe d’un magnat des médias, “L’homme pressé”, sortie en 1997, Bertrand Cantat s’attaque encore, vingt ans plus tard, à l’actualité. Le chanteur continue d’exercer son regard critique sur la société, ce qu’il a toujours fait.
Dans Amor Fati, citant Nietzsche et son amour du destin
“Ce qui est, est”, voilà ce que répond d’avance Bertrand Cantat. Dans cette chanson titre, il enfonce le clou : « Eh toi qu’est-ce que tu sais d’ma vie, qu’est-ce que tu sais d’ma peine »
Dans Aujourd’hui ? Là, s’il a été un porte-parole de la génération altermondialiste au temps de Noir Désir, sera-t-il encore entendre des cortèges militants ?
“Silicon Valley” critique Google et ses “algorithmes”.
“Crois moi j’irai te chercher jusqu’au fond de tes désirs ; ceux que tu n’as pas encore. J’exaucerai sans effort tout ce que tu ne veux même pas” chanté d’une voix machiavélique.
Dans “Excuse my French” où il pointe du doigt le “citoyen lambda” prisonnier de l’économie.
“Tu ne connais pas ton bonheur, ton malheur, à quelle sauce tu seras dévoré, avalé… Tiens toi droit et tu seras traité comme un iench”.
Ce titre anglais, introduit la chanson suivante “L’Angleterre”, dans laquelle il évoque les migrants et le Brexit.
“Brexit désillusion, tu peux crever dans la Jungle, on a rien à foutre de ta gueule. Tu vas rester planter là”.
La nuit est au centre de “Anthracitéor” il chante ici
“surgit d’un sommeil blanc d’ivoire, la pierre de ta présence”. On ignore à qui il s’adresse et rien n’est écrit explicitement dans son refrain “Je ne connais pas de loi qui pourrait m’éloigner de toi”. Ces mots pourraient être écrits pour évoquer Marie ou Krisztina qui toutes deux “manquent à la Terre” dit –il encore.
Musicalement, Amor Fati est un beau disque parce qu’on y retrouve un Bertrand Cantat qui a vieilli, dont la voix demeure incandescente. Le rock nerveux cède le plus souvent la place à des chansons aux tempos lents, où les arrangements électroniques crépusculaires (Sillicon Valley, J’attendrai) serpentent au milieu les guitares. Accompagné par Pascal Humbert et Bruno Green, déjà membres de Detroit, on retrouve aussi la trompette d’Erik Truffaz. On n’en doutait déjà pas, après ce retour sans fin, Cantat sait faire des chansons et les incarner. Mon dernier gros coup de cœur (rock français) remontait à H F Thiéfaine Stratégie de l’inespoir en 2014 – Il y a maintenant Cantat avec Amor Fati.
Ceux qui l’aiment continueront de l’aimer, ceux qui ne pardonnent pas qu’il continue de s’exprimer, le détesteront.
D’abord idoles des sixties puis des eighties avec Starmania, M Berger, D Ballavoine, et tant d’autres artistes et tant d’autres succès, sa disparition en a touché plus d’un. J’ai choisi un titre plutôt peu connu pour lui rendre hommage à l’OQG.
N’écoute pas les idoles – il y a 54 ans sur le 2eme 45 tours de France Gall en 1964 on trouve une pépite : la 2eme chanson écrite et composée par Serge Gainsbourg pour France qui est ici accompagnée du même quartet de jazz exceptionnel que pour « Laisse tomber les filles » la même année. Jugez plutôt du personnel :
Claviers : Alain Goraguer – Boris Vian, Jean Ferrat , Gainsbourg, Abd al malik…
Guitare : Léo Petit – Ella Fitzgerald, Jacques Brel, Johnny Hallyday, Yves Montand…
Basse : Pierre Michelot
Claude Nougaro , Maurice Vander, Django Reinhardt, Miles Davis -avec qui il crée la bande originale du film de Louis Malle Ascenseur pour l’échafaud–
Rien que ça !
Dès ces 1ères chansons pour France Gall, Serge Gainsbourg transgresse les limites du répertoire gentillet de la fillette chantante. N’écoute pas les idoles sous-entend que l’ado est déjà avertie des aventures amoureuses sans lendemain…
Serge concocte ici un morceau très humoristique où une fille demande à son petit copain de l’écouter, elle, à la place de toutes ces nymphettes Yéyé qui envahissent les ondes. Bien évidemment, elle s’adresse à ce garçon étant elle-même « idole » à cette époque…
Il s’agit d’un second degré déjà habituel à Gainsbourg pour se moquer des lolitas ! Ce thème un peu schizophrénique sera
exploité plus tard par Gainsbourg dans Poupée de cire poupée de son et Les Sucettes à l’anis par exemple.
The Pack a.d. est un duo garage rock de Vancouver formé en 2006 et composé de Becky Black au chant et à la guitare et de Maya Miller à la batterie.
Les deux filles se sont rencontrées dans une station service de Vancouver où l’une travaillait et ont décidé de suivre ensemble
leur route du rock. Pour cela rien de plus simple – prenez une bonne base : le blues ; du gros son : le rock !
Mais qu’est-ce qu’elles « prennent » pour conserver une telle énergie, album après album ? (5e + EP). Quand tant de groupes font un p’tit tour et puis s’en vont, Elles poursuivent brillamment leurs pérégrinations dans l’univers du rock décapant. Un son lourd mais sexy qui plaira tout autant aux petites filles qu’aux grands garçons.
Il n’est pas question de rock cérébral dans leurs albums, mais elles ont dans leur tête, leurs idées bien ancrées, là, pour toujours proposer une musique aussi percutante et addictive.
Elles mettent à la poubelle toutes les conneries d’ordinateurs et autres fioritures électroniques ! Ici place à un rock primitif. C’est bruyant, corrosif, rugueux, mais sait parfois aussi être mélodieux.
Les deux canadiennes survoltées reviennent donc avec ce 5e album aiguillonne toutes les formations masculines de rock garage… White Stripes/The Kills/Black Keys par exemple
Avec de tels atouts, Becky Black et Maya Miller sont bien parties pour porter l’étendard de la formule duo alors que les
Whites Stripes ont eux, depuis longtemps, jeté l’éponge.
PLATINUM RECORDS
La première mouture (crée en 1991) est de type associatif, mais Platinum Records est né en 1996 avec le développement d’une nouvelle scène électro française.
Avec des artistes français emblématiques comme Bosco, Curtis et ensuite Rubin Steiner (nominé aux victoires de la musique en 2006), Bikini Machine, le label se fait reconnaitre aussi à l’international et des artistes de tout pays démarchent le label: Powersolo (Dan), The Pack ad (Can), Lateef (US), Lars & The Hands of Light (Dan) et récemment Rich Aucoin (Can) nouvelle
sensation scénique qui écume toute l’Europe.
Aujourd’hui, Platinum continue de tracer sa route et la reconnaissance du label est aujourd’hui bien réelle, la passion qui fait vivre le label n’a rien perdu de sa vigueur depuis sa création.
Vous connaissez sans doute tous L’Oreille Qui Gratte. Ce rendez vous radiophonique consacré au rock indépendant, aux artistes autoproduits et au rock azuréen est désormais incontournable dans le paysage local et national. Avec 22 ans de bons et loyaux services L’oreille qui gratte est aujourd’hui l’émission sur la pop music la plus ancienne de France.
L’équipe poursuit inlassablement son travail de passeur et de défricheur ayant offert leur première antenne à des centaines d’artistes.
Il y a 3 ans pour avoir encore plus d’espace, plus de liberté, plus de temps l’équipe a créé sa propre Web radio radio.loreillequigratte.com. L’oreille qui gratte est donc désormais présente sur les ondes d’Agora Côte d’Azur deux fois
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L’oreille qui gratte c’est aussi une équipe sans qui rien ne serait possible : Simon Pégurier, Benoît Belasco et Gil Tau aux manettes, assistés de Christian, Charles, Ozkär Krapo ainsi que tous ceux qui ont vécu l’aventure avec nous, de près ou de loin, pendant toutes ces années.
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L’Oreille Qui Gratte
Sur radio.loreillequigratte.com et sur Agora
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There is a light that never goes out (Il y a une lumière qui ne s’éteint jamais)
Voila la phrase qui résume au mieux l’amour que je porte à la pop music.
Depuis l’achat de mon premier vinyle « The queen is dead » des Smiths il y a près de 32ans cette passion pour le rock indépendant ne m’a jamais lâché, faisant que ma tête est un perpétuel juke box, faisant que je recherche sans cesse ces sons qui tuent, cette nouveauté qui me fera oublier la précédente.
L’achat de ce disque est finalement l’événement le plus marquant de ma vie. Il a conditionné tout le reste. Grace à la musique il n’y a aucun jour vraiment gris, le son d’une guitare faisant toujours apparaitre un coin de ciel bleu.
J’ai poursuivi cette quête chacun des 365 jours qu’a compté 2017, voici la liste des disques qui m’ont le plus marqué. https://tmblr.co/ZFA7bx2TWCHu7
J’ai mis en tête l’album « Petite amie » de Juliette Armanet. C’est le disque que j’ai le plus écouté. Un disque de variété de luxe qui s’assume, l’album d’une trentenaire sans tabou qui nous parle d’une manière poignante et ironique d’amour, de cul, de solitude. De la vie quoi !
Le Best Of 2017 de L’Oreille Qui Gratte sera dévoilé ce Mardi 02 Janvier 2018 à 19h10 sur Agora Cote D’azur http://agoracotedazur.fr/
Soyons honnête « There is a light that never goes out » colle aussi parfaitement à l’amour que je porte à la si belle ville de Vence. Mon premier regard chaque matin, (après avoir cherché une chanson qui me convient sur mon radio réveil) se porte vers ses remparts. (D’où la photo). Et cela charge instantanément mes batteries pour la course poursuite de la journée
Je vous propose de traverser l’année qui s’ouvre à nous en musique, vous verrez tous vous semblera plus léger