Alice Cooper – Detroit Stories

C’est Vincent Furnier ; il est né à Détroit où il a créé il y a ½ siècle un des tout premiers groupes de metal tendance horreur – le rythme de ses albums a été très inégal : les années 70 et 80 très actives, et la décennie 90 , la plus pauvre avec seulement deux sorties. Il faudra attendre 2000 pour que le groupe Alice Cooper retrouve un rythme digne de ses débuts, avec cinq opus où il retrouvait son lustre passé et les guitares acérées qui avaient influencé un certain Jack White de Détroit, lui aussi.

Leur gros hard rock théâtral ; le public américain adore ça ! Ces désœuvrés des eighties, broyés par le Vietnam, les usines fermées, la dope et l’ennui… Ces américains qui ne jurent que par Ted Nugent, les Stooges, Black Sabbath, Kiss, en passant par les Ramones.

Oui… il y a bien quelques reprises à la sauce vampires dans Detroit Stories mais c’est aussi des titres originaux avec la participation d’acteurs clé de l’histoire musicale de Detroit, à commencer par Wayne Kramer, ex-guitariste du MC5, qui brille ici sur TOUT le disque. Ressurgissent aujourd’hui l’original et très punk « Go Man Go » (co-écrit avec Kramer et Ezrin), mais également « East Side Story » qui clôt l’album (une cover de Bob Seger), le « Sister Anne » du MC5, et le « Detroit City 2001« …Mais on trouve « Rock’n’Roll« , morceau du VELVET que Lou Reed aurait écrit à Detroit, parfait pour entamer l’album, surtout avec la présence de Steve Hunter, vieux compagnon de route de Lou Reed sur les fameux live de 1974, « Rock’n’Roll Animal » et « Lou Reed Alive »

Pour la troisième fois sur disque en dix ans, les quatre membres des débuts que sont Michael Bruce, Neal Smith, Dunaway et Alice Cooper donc, retrouvent ici la magie d’antan.

Il y a pléthore de références : ici Chuck Berry « Shut Up And Rock« , presque de l’AC/DC, et l’irrésistible «Hail Mary » . Detroit Stories est très cohérent. Outre son incroyable habilité à raconter des histoires complètement dingues (quel parolier ce Cooper !), son éventail de goûts est large : « Our Love Will Change The World« , tendance Cheap TRICK, tandis que « Drunk And In Love » est un blues bien crade, harmonica à l’appui, et Joe Bonamassa en renfort. « Wonderful World« , où l’on croirait entendre Jim Morrison ! (Desperados 1971)

Alice Cooper rend hommage à sa ville, avec « $1000 High Heels Shoes » et au son de la Motown (label signifiant Motor Town, berceau et tombeau de l’automobile aux USA)

Alice Cooper et Ezrin n’ont rien perdu de l’instinct glam qui a fait le succès du groupe. Mais comment conclure un disque hommage à Detroit sans reprendre sa plus grande star régionale Bob Seger? Là encore, East Side Story surprend par sa fraîcheur ; vintage quand même.
Dans sa carrière, ALICE COOPER a tout tenté, du plus kitch au cabaret-rock le plus hanté, d’où la valeur extraordinaire de ce Detroit Stories Et à titre personnel au-delà du grand guignol de ses shows divertissants ALICE COOPER vient de livrer un chef d’œuvre …. Chapeau l’artiste !

Gil Tau

 

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